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20.07.2008

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Réflexions

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RÉFLEXIONS

Lidové noviny - République tchèque | 04.07.2008

La dépendance au pétrole soutient le terrorisme

Voici exactement dix ans, Oussama Ben Laden qualifiait un prix du pétrole de 144 dollars par baril de "loyal", se souvient Jaroslav Plesl, le rédacteur en chef suppléant du quotidien Lidove Noviny. Ce prix a été atteint hier, ce que les ardents partisans de l'Islam pourraient fêter comme un succès dans le combat contre l'Occident. "70 pour cent des réserves de pétrole se trouvent dans le sous-sol d'Etats musulmans qui soutiennent directement ou indirectement des radicaux islamiques. L'argent des Américains et de l'Occident coule ainsi dans des pays qui font tout pour affaiblir le monde démocratique. ... Notre dépendance au pétrole est par conséquent le principal obstacle à un combat victorieux contre le terrorisme islamique. ... Il n'existe qu'une possibilité d'échapper à ce dilemme : nous avons besoin de nouvelles sources d'énergie. Sur ce plan l'Occident a un avantage par rapport aux Etats non démocratiques : la démocratie et la concurrence soutiennent la capacité d'innover d'une façon extraordinaire. Cela nous sera utile aussi cette fois-ci." (04.07.2008)

Cicero - Allemagne | 30.06.2008

Obama, bon pour l'Europe ?

L'expert en affaires étrangères Peter Scholl-Latour s'interroge dans le mensuel conservateur Cicero sur les relations de l'Europe avec le candidat à l'investiture américaine Barack Obama : "Si Obama emménage à la Maison Blanche, comment se comportera-t-il avec l'Europe, quelle sera son attitude à l'agard des Allemands ? Peu de gens ont une réponse à cette question car si Berlin et Paris se sont efforcés d'obtenir une information concluante, c'est à ce jour en vain. ... Avec tous les présidents précédents, il existait une affinité avec l'Europe, une parenté qui s'expliquait ... par des origines 'caucasiennes' communes. Avec Barack Obama, nous avons maintenant à faire avec un potentiel chef d'Etat et commandant en chef à qui cet attachement atlantique manque d'emblée. ... Le renforcement de l'Union européenne attendu depuis longtemps, la prise en compte de son indépendance stratégique et diplomatique, le nouveau président pourrait y concéder avec assurance, si ce n'étaient les 27 Etats de l'UE eux-mêmes qui faisaient obstacle, avec les jalousies et la réduction excessive de leur budget d'armement, à la construction d'un potentiel militaire opérant de façon indépendante. ... Il serait bien plus difficile pour Berlin et Paris de refuser une participation renforcée à un président extrêmement populaire, ce refus était le cas pour son prédécesseur discrédité. Personne ne peut dire précisément qui conseillera Obama sur son son attitude vis-à-vis de l'alliance et dans son rapport avec l'Allemagne, voire s'il ne se fiera pas au conseil que Charles de Gaulle intima un jour au jeune Kennedy : 'N'écoutez que vous-même ! '" (30.06.2008)

El País - Espagne | 03.07.2008

Le continent des tyrannosaures

Donato Ndongo-Bidyogo, journaliste et écrivain de Guinée équatoriale, critique dans le quotidien El País l'attitude hypocrite de l'Occident à l'égard de l'Afrique : "En Afrique, il y a des chefs de gouvernement qui vont bientôt fêter leur cinquantième anniversaire de mandat sans que cela ne choque qui que ce soit. Ils se distinguent tous, comme [Robert] Mugabe [le président du Zimbabwe] par leur cruauté et leur corruption, d'autant plus que les chefs et leurs sympathisants s'accaparent les immenses richesses d'une Afrique qui n'est pas pauvre en soi, mais qui est appauvrie par la déprédation et les abus. La perception de l'africain est que ces tyrannies cleptomanes n'existeraient pas sans l'acquiescement ou la complicité des pays occidentaux qui sont les principaux bénéficiaires de la situation. En effet, ils exploitent nos importantes matières premières à des prix dérisoires et profitent de la fuite des cerveaux et de la main d'œuvre bon marché immigrée ; et lorsque les temps de crise arrivent, ils ressortent des fonds de placard tous les mécanismes rances qui limitent la libre circulation des personnes mais pas des biens." (03.07.2008)

Romania Libera - Roumanie | 03.07.2008

La solidarité d'Europe de l'Est est un exemple pour l'Ouest

Selon le journaliste Dan Alexe, l'expérience de la pauvreté dans les pays de l'Est, et la solidarité qui en résulte, pourraient être un exemple dans le contexte de crise économique que connaissent actuellement les pays de l'Ouest. "La crise économique dans laquelle nous nous enfonçons toujours plus profondément, montre à quel point la solidarité sociale est importante et combien il est rassurant de pouvoir frapper à tout moment à la porte de son voisin pour demander un peu de poivre ou un petit verre d'huile. La crise économique ... nuit sérieusement au moral des Européens de l'Ouest. La récession actuelle est sur le point de provoquer un changement des mentalités. ... La couche sociale est fragile, les conventions superficielles. La pauvreté peut transformer lé nécessité en vertu, et bientôt on verra des hommes politiques admettre qu'ils font leurs courses chez Aldi [enseigne de maxidiscompte] ou qu'ils vont au travail en vélo plutôt qu'en voiture avec chauffeur." (03.07.2008)

Delo - Slovénie | 02.07.2008

Le rôle de l'élargissement de l'UE pour les Balkans

Dejan Verčič, professeur de Relations publiques à l'Université de Ljubljana, s'interrgoe dans une tribune pour le quotidien Delo sur l'importance des Balkans pour la Slovénie. "La paix chez nos voisins est comparable à un trajet à bicyclette. Tant que les pays situés entre Ljubljana et Athènes suivent le cap d'une intégration entièrement légitime dans l'Union européenne, tout ira bien. … S'ils étaient en revanche contraints à interrompre leur course, ils chuteraient probablement. Et cela peut arriver bientôt. Après le non irlandais au traité de Lisbonne, un élargissement supplémentaire de l'UE aux pays de l'Ouest des Balkans est devenu improbable. … Ce n'est pas bon pour la Slovénie. … La paix est aussi synonyme de croissance économique, l'espoir pour de nombreuses entreprises et de banques slovènes de réaliser enfin quelques affaires dans la région. … La stratégie de la Slovénie est connue depuis longtemps et dis en substance : laissez-nous en paix. Mais que se passera-t-il si la paix n'existe plus autour de nous ?" (02.07.2008)

International Herald Tribune - France | 02.07.2008

Le dialogue entre la Russie et les Etats-Unis

Dans le quotidien International Herald Tribune, l'ancien ministre américain des Affaires étrangères et Prix Nobel de la Paix Henry Kissinger analyse les nouvelles relations entre les Etats-Unis et la Russie : "J'ai le sentiment que la politique russe est entrée dans une nouvelle phase. … Quelle qu'en soit l'issue finale, les élections présidentielles ont marqué une transition entre une phase de consolidation et une phase de modernisation. … Le fonctionnement du gouvernement russe avec deux pôles de pouvoir - du moins au départ - peut ressembler avec le recul au début d'une évolution vers une forme de séparation des pouvoirs qui n'existait pas jusqu'à présent. … La politique [américaine] de forte ingérence dans ce que la Russie considère comme sa propre compréhension personnelle, comporte le risque de mettre en échec aussi bien les objectifs géopolitiques que moraux. … Les dirigeants russes ont conscience de leurs limites stratégiques. Je décrirais la politique russe sous Poutine comme une politique marquée par la quête d'un partenaire stratégique fiable, avec l'Amérique en premier choix. … La déclaration des présidents Bush et Poutine à Sochi en avril dernier a dessiné les contours d'un début de dialogue stratégique entre les deux parties. Il incombe maintenant aux nouveaux gouvernements en Russie et en Amérique de lui donner un nouveau contexte opérationnel." (02.07.2008)

Magyar Hirlap - Hongrie | 01.07.2008

Des issues à la crise pétrolière

Dans le contexte de la hausse des prix du pétrole, l'économiste Dániel Zsiga esquisse les alternatives possibles de production d'énergie dans le quotidien conservateur Magyar Hírlap : "L'énergie solaire est celle qui revêt la plus grande importance. … Les capacités de toutes les centrales électriques de la planète pourraient être remplacées par une seule et gigantesque ferme solaire d'une surface de 600 kilomètres carrés. Celle-ci pourrait être par exemple conçue au Sahara. … Une autre source d'énergie également importante est le vent. Si les Etats-Unis souhaitaient que l'ensemble de leur production électrique provienne de l'énergie éolienne, il leur suffirait d'ériger les centrales nécessaires dans trois Etats seulement. … Il faut également mentionner l'énergie marémotrice, obtenue grâce aux marées montantes et descendantes sur les mers du globe. … Malgré tout, les meneurs de l'économie mondiale persistent toujours dans leur passivité. On dirait qu'un effondrement complet de l'économie est nécessaire pour qu'ils comprennent la chose suivante : il ne sert à rien d'agir quand la catastrophe a déjà eu lieu. C'est le message le plus important du 20ème siècle." (01.07.2008)

Expresso - Portugal | 30.06.2008

Une issue pour l'Europe

L'hebdomadaire Expresso propose une issue pour sortir de l'impasse dans laquelle l'Europe se trouve après le rejet par l'Irlande du traité de réforme de l'UE : "L'Union européenne est une idée remarquable mais les Européens l'anéantissent … Tout a déjà été essayé. … Sauf le plus difficile : lire les signes et le contenu et changer de méthode. L'Union européenne est un projet absolument innovant dans l'histoire mondiale. Avec l'introduction d'une monnaie commune, une étape sans précédent a été franchie. Or, depuis, le projet n'a pas avancé. Il manque d'unité politique et sociale ainsi que de légitimité démocratique. … Il n'y a que deux solutions à l'impasse dans laquelle se trouve l'Europe. … Se décider pour un traité moins ambitieux pour s'assurer que toutes les opinions publiques l'accepteront ou être plus ambitieux et élire lors des prochaines élections un parlement qui décide de façon démocratiquement légitime dans quelle direction il faut poursuivre." (30.06.2008)

El País - Espagne | 30.06.2008

L'euroscepticisme rationnel

Le politologue José Ignacio Torreblanca interprète les récents résultats de l'Eurobaromètre montrant notamment que le nombre d'électeurs qui ont voté non au référendum irlandais était largement supérieur à la moyenne chez les travailleurs. "Cette polarisation de l'opinion publique en Irlande, nous la retrouvons également dans d'autres Etats membres : Pour la classe ouvrière, l'intégration européenne et la mondialisation sont deux côtés de la même médaille. Comme le pense la nette majorité des Européens (63 pour cent), la mondialisation sert aux entreprises et non pas aux citoyens ; une proportion croissante de l'opinion publique européenne perçoit l'unification de l'Europe comme un projet économique à orientation libérale qui menace la sécurité des emplois. … C'est pour cette raison que l'euroscepticisme a encore un fondement rationnel et n'est pas seulement une question de sentiment, comme on l'affirme parfois. Une majorité écrasante d'Irlandais (85 pour cent) estime que l'appartenance de leur pays à l'UE est positive et souhaite rester dans l'Union, mais parallèlement, il existe des secteurs de l'économie et de la société qui profitent moins de cette intégration que d'autres, si bien qu'ils expriment leur mécontentement dès qu'ils en ont l'occasion." (30.06.2008)

Le Monde - France | 29.06.2008

Le déclin de l'humanisme ?

Le Monde réfléchit au rapport entre progrès économique et progrès politique : "Vivons-nous le début du déclin inexorable de l'Europe, de ses valeurs, de l'humanisme ? La fin du monde grec ? Cette question est en arrière-plan des crises actuelles du capitalisme occidental, crise de la finance, crise de l'Etat-providence. Elle est sous-jacente à la montée de l'Asie, qui décolle sur un autre mode, chinois, pour résumer. … Elle est aussi présente ici même en France dans les critiques portées sur l'identité européenne. …Le fond de l'affaire est que développement économique et démocratie politique ne sont plus liés. … Un ventre vide pousse à la barbarie, inversement, une assiette pleine permet le dialogue. Eh bien, c'est faux. La planète vient de connaître une décennie de très forte croissance, or la Banque mondiale conclut [dans un rapport qu'il] n'y a aucun signe qui puisse permettre de conclure que la gouvernance s'est améliorée dans le monde. … Mais la démocratie, le respect du droit, la liberté de la presse, la transparence, bref, l'"humanisme", conduisent en général et sur le long terme à un meilleur gouvernement, à une économie plus stable et une prospérité plus partagée." (29.06.2008)


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