Sauvetage de la Grèce : de nouveaux obstacles

Les parlements allemand et autrichien doivent donner leur aval ce vendredi pour que leur gouvernement respectif continue à négocier le nouveau plan d'aide à la Grèce. Jeudi, les ministres des Finances de l'UE avaient avalisé un crédit-relais pour Athènes d'ici la mi-août. Tandis que certains commentateurs appellent les Etats de l'UE à se montrer solidaire du pays en crise, d'autres signalent qu'il est absurde que des pays plus pauvres que la Grèce la soutiennent financièrement.

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Verslo žinios (LT) /

Lituanie : un devoir de solidarité avec la Grèce

Le gouvernement lituanien a donné son feu vert, jeudi, à une poursuite des négociations sur l'octroi d'aides financières à la Grèce. Une étape que salue le journal économique Verslo žinios : "Un pays membre de l'UE est en détresse et les membres de l'Union doivent lui porter secours. La Lituanie peut-elle rester sur la touche? … Quand nous avons adhéré, de notre propre gré, à l'UE et au club de l'euro, nous avons pris connaissance des règles, nous n'ignorions donc pas l'existence du Mécanisme de stabilité européen (MES). Le principe de solidarité européen nous a séduits, alors pourquoi le mépriser à présent ? Ce n'est pas tous les jours dimanche. … Fasse le ciel que la Lituanie ne se retrouve pas un jour dans pareille situation. Car il serait ô combien douloureux que les membres de la famille européenne nous tournent alors le dos … Concernant les Grecs, notre seul espoir est qu'ils tirent enfin des conséquences de leurs erreurs. Qu'ils cessent de se targuer de leur ancêtres et de leur prestigieuse histoire et se mettent sérieusement au travail."

Standart (BG) /

La Bulgarie n'a pas d'argent pour Athènes

L'Union européenne ne peut exiger de la Bulgarie qu'elle participe à un troisième programme d'aide pour la Grèce de quelque manière que ce soit, commente le quotidien Standart : "La Bulgarie a toujours défendu la position qu'il est anormal qu'un pays pauvre vienne en aide à un pays riche. Etant donné que nous ne faisons même pas partie de la zone euro et ne bénéficions pas des avantages dont bénéficient ses membres, on ne peut pas nous demander d'alléger leur fardeau. … Si la Grèce tombait en hyperinflation et s'appauvrissait au point que les Grecs n'aient plus de quoi acheter de denrées alimentaires, nous devrions bien évidemment leur venir en aide en tant que voisins. Mais nous n'en sommes pas encore là. Malgré la politique de Syriza, l'économie grecque ne s'est pas encore complètement effondrée et elle reste plus performante que l'économie bulgare. Le sauvetage des Grecs ne relève donc pas vraiment de notre responsabilité."

Die Tageszeitung taz (DE) /

S'inspirer du 'non' des Verts autrichiens

Ce vendredi, les parlements allemand et autrichien soumettent le programme d'aide à la Grèce au vote des députés. La majorité semble assurée. Le quotidien de gauche taz demande toutefois aux Verts allemands de suivre l'exemple de leur collègues à Vienne : "Les Verts suivront une ligne différente de part et d'autre des Alpes. ... A la différence de l'Allemagne, les Verts autrichiens entendent dire non au programme. Il considèrent que les conditions imposées par l'UE reviennent à mettre le pays sous tutelle européenne et refusent d'avaliser une 'suspension' des principes politiques démocratiques. Les Verts allemands devraient les imiter et, à l'instar du parti de gauche, voter 'non'. Il se peut fort que dans la situation actuelle, le gouvernement Tsipras n'ait guère d'autre choix que celui de se plier au diktat de l'UE. Toutefois, [les Verts] devraient s'interdire de cautionner dans l'arène du Bundestag les menées antidémocratiques, antisociales et anti-européennes de Schäuble."

El País (ES) /

Une consultation hypocrite en Espagne

Le Partido Popular (PP) au pouvoir en Espagne veut laisser le Parlement se prononcer sur le programme de secours accordé à la Grèce. Or ces velléités démocratiques ne sont que pure propagande électorale, critique le quotidien de centre-gauche El País : "Rien n'oblige le gouvernement à consulter les députés, et le Parlement n'avait pas été consulté en 2012 lorsqu'il avait fallu sauver les banques espagnoles - sous le même chef de gouvernement, avec la même majorité. Cette volte-face sur le rôle du Parlement n'est visiblement que pur opportunisme. … Juste avant les élections, c'est une tentative d'instrumentalisation pour la campagne électorale. D'autres insinuations sont tout aussi déplorables : affirmer par exemple que Podemos serait le 'parti de Tsipras', ou jeter l'opposant socialiste Pedro Sánchez dans le même sac."