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  Essor de l'extrême droite

  23 Débats

A la veille des législatives dimanche en Suède, le pays se trouve dans une situation bloquée : ni la gauche ni le bloc conservateur ne seraient en mesure d'obtenir une majorité. En effet, la formation d'extrême droite des Démocrates de Suède (SD) est créditée de presque 20 pour cent des intentions de vote. Les journalistes esquissent les conséquences pour le pays d'un scrutin dominé par SD.

En Italie, l'athlète noire Daisy Osakue a été légèrement blessée à l'œil suite à des jets d'œufs par des automobilistes. Une agression qui a relancé le débat sur le racisme en Italie. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a évoqué une hausse des violences xénophobes, dont l'opposition italienne rend responsable le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini. Un avis auquel se range la presse européenne.

Steve Bannon, militant d'extrême droite et ex-conseiller stratégique du président Donald Trump, entend soutenir les populistes de droite en Europe, par le biais de sa fondation, The Movement. Selon les médias, il entend ainsi mener une 'révolte populiste de droite' avant les européennes de 2019. Son projet est-il dangereux pour l'Europe ?

Les gouvernements d'un nombre croissant de pays d'Europe - Etats de Visegrád, Autriche, Italie - misent sur la souveraineté des Etats-nations et la fermeture des frontières aux migrants. Une évolution qui inquiète les commentateurs, qui en sondent les causes et avancent des propositions pour inverser la tendance.

Alors que les Suédois seront appelés aux urnes en septembre pour les législatives, le gouvernement socialistes-verts est en net recul dans les sondages. Les Démocrates de Suède, formation populiste de droite, progressent pour leur part, notamment dans la partie septentrionale du pays. Les éditorialistes suédois reprochent à la classe politique d'avoir négligé la province au profit des grandes agglomérations.

Lors du premier scrutin régional depuis la formation d'une coalition gouvernementale conservateurs-extrême droite en Autriche, le parti populiste d'extrême droite FPÖ a amélioré son score en Basse-Autriche, en dépit du scandale qui a éclaboussé son chef de file Udo Landbauer - lequel aurait éntonné des chants à la gloire du nazisme. Si certains commentateurs sont sidérés, d'autres soulignent que le scandale a empêché un raz-de-marée du FPÖ.

La manifestation d'extrême droite organisée dans le cadre de la Fête de l'indépendance polonaise a donné à voir des masses d'individus vêtus de noir, brandissant des fumigènes et scandant des slogans racistes et antisémites. Si la brutalité de ce spectacle a marqué les esprits, les éditorialistes font remarquer que l'extrême droite a changé de style - ce qui la rendrait d'autant plus dangereuse.

Plusieurs municipalités italiennes seront bientôt dirigées par des partis de droite et d'extrême droite. A Vérone ou à Côme, par exemple, Forza Italia, le parti de Berlusconi, et le parti populiste de droite Lega Nord ont triomphé ensemble des sociaux-démocrates du Partito Democratico (PD). Mais le PD n'est pas le seul perdant ; le Movimento 5 Stelle (M5S) de Beppe Grillo a lui aussi essuyé un cuisant revers. L'Italie vire-t-elle à droite ?

En Roumanie, la "Coalition pour la famille", une alliance d'ONG conservatrices, fait pression sur le gouvernement. Après avoir réuni trois millions de signatures contre l'adoption éventuelle du mariage homosexuel, elle demande désormais un durcissement des lois encadrant l'IVG. Un mouvement qui rappelle les heures les plus sombres de l'histoire du pays, déplorent les éditorialistes.

Le Pen en deçà des prévisions, Macron déjà bombardé nouveau président par de nombreux commentateurs : la presse européenne fait part de son soulagement à l'issue du premier tour des présidentielles en France. Après les défaites de Norbert Hofer en Autriche et de Geert Wilders aux Pays-Bas, plusieurs commentateurs y voient l'amorce du déclin des populistes de droite en Europe. Mais est-ce vraiment le cas ?

Marine Le Pen, présidente du Front National, a contesté la responsabilité de la France dans la rafle du Vél' d'Hiv en 1942, où les juifs de France ont été déportés par milliers vers les camps d'extermination nazis. La presse condamne ces déclarations de Le Pen et lui reproche une provocation calculée juste avant les présidentielles.

Le soulagement éprouvé au lendemain des élections au Pays-Bas est-il justifié ? Beaucoup de journalistes en doutent et appellent la société libérale à ne pas se bercer d’illusions, même si le parti xénophobe de Geert Wilders a obtenu un score nettement inférieur aux prévisions. D'autres discernent pour leur part un certain nombre de contradictions dans le discours de l'extrême droite.

Après le vote sur le Brexit et la victoire électorale de Donald Trump, tous les regards sont rivés sur Geert Wilders et son parti xénophobe PVV avant les législatives du 15 mars aux Pays-Bas. Si le leader d’extrême droite a caracolé en tête des sondages pendant plusieurs mois, le parti libéral de droite du Premier ministre Mark Rutte reprend l’avantage. Quel choix feront les électeurs dans ce scrutin – le premier de plusieurs votes décisifs pour l’Europe ?

En Slovaquie, une nouvelle unité policière doit être créée pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme, notamment sur les réseaux sociaux. Le Premier ministre Robert Fico a déclaré que le pays avait sous-estimé la "nouvelle vague" de fascisme qui déferlait aujourd’hui. Les journaux du pays saluent la mesure, mais soulignent qu’elle ne sera d’aucun secours pour lutter contre les néonazis présents au Parlement.

Les leaders d'extrême droite d'Europe se sont retrouvés ce week-end à Coblence. Frauke Petry, du parti allemand anti-européen Alternative für Deutschland (AfD), s'y est pour la première fois affichée au côté de partis ouvertement d'extrême droite. 2017 sera l'année du "réveil des peuples d'Europe continentale", a déclaré la chef du FN Marine Le Pen. Ces espoirs devraient être rapidement douchés, affirment les commentateurs, qui appellent à forger de nouvelles alliances contre l'extrême droite.

Plus que l'attachement aux valeurs traditionnelles, la peur de la mondialisation est le premier facteur expliquant l'essor du populisme. Tel est le résultat d'une récente étude menée par la fondation Bertelsmann. Face au succès des démagogues de droite dans de nombreux pays européens et aux Etats-Unis, les commentateurs s'interrogent sur les moyens de faire barrage à l'extrême droite.

Marine Le Pen a été une des premières à féliciter Donald Trump via Twitter. A l'instar d'autres personnalités d'extrême droite en Europe, elle considère que la victoire électorale de Trump aux Etats-Unis souffle dans ses propres voiles. Ses chances aux présidentielles augmentent-elles, ou ne peut-elle pas vraiment surfer sur la vague Trump ?

Tandis que l'extrême droite salue l'arrivé de Donald Trump au pouvoir, les leaders européens font preuve de pragmatisme en lui tendant la main. Si certains commentateurs craignent que des politiques comme Marine Le Pen ou Geert Wilders s'inspirent de la victoire de Trump, d'autres jugent que ces espoirs seront déçus.

Le parti d'extrême droite LS-Naše Slovensko, sous l'égide de son président Marian Kotleba, a fait pour la première fois son entrée au Parlement slovaque suite aux législatives du mois de mars. La formation a réalisé un score de 24 pour cent auprès des électeurs ayant voté pour la première fois - ce qui a choqué la presse. Comment stopper Kotleba ?

Trois mois après l’accession au pouvoir du nouveau gouvernement croate, il apparaît clairement que celui-ci veut effectuer un tournant national-conservateur dans le pays. Les commentateurs de la blogosphère font part de leur inquiétude à l’égard d’une société civile déjà faible.

D'abord des accusations de corruption contre le ministre des Anciens combattants, et maintenant des propos antisémites tenus par l'un des partis de la coalition lors de son congrès. Le nouveau gouvernement croate s'attire les foudres des médias.

Suite aux bons résultats du parti national-conservateur AfD, qui fait son entrée dans trois parlements de région, la presse évoque les répercussions de ce scrutin sur l'Europe. Certains commentateurs craignent que la dérive droitière de l'Allemagne, si elle se poursuit, n’entame la cohésion du continent. D'autres critiquent Merkel, qui juge sa politique migratoire ‘sans alternative’.