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  L'Europe et la Chine

  8 Débats

Des sujets potentiellement conflictuels, comme le projet de nouvelles routes de la soie (BRI), sont au menu du sommet Chine-UE ce mardi. Bruxelles veut des concessions de la Chine afin que les règles du libre échange soient les mêmes pour tous. Mais de l'avis des éditorialistes, l'UE n'est plus en mesure de s'imposer face à son second partenaire commercial.

A l'occasion de la visite du président chinois en France mardi, Emmanuel Macron avait également convié Angela Merkel et Jean-Claude Juncker. A Paris, Xi Jinping a notamment fait la promotion du grand projet de Pékin, les 'nouvelles routes de la soie'. Si certains éditorialistes y voient un jalon important pour l'Europe, d'autres évoquent les non-dits du sommet.

L'Italie est le premier Etat du G7 à avoir signifié son intention de participer au projet chinois des 'nouvelles routes de la soie'. Les deux parties ont signé samedi à Rome une déclaration d'intention dans ce sens. Une initiative critiquée, notamment par la France et l'Allemagne. Face à ces réprobations, les éditorialistes prennent la défense de l'Italie.

L'Allemagne et les autres pays susceptibles de céder aux sirènes du groupe de télécommunications Huawei, qui entend développer le futur réseau 5G, s'exposeraient à des sanctions américaines, a prévenu Washington. La Maison-Blanche menace notamment Berlin de suspendre la coopération en matière de renseignement et au sein de l'OTAN, estimant que la Chine pourrait avoir accès à des infrastructures sensibles. Comment l'Europe doit-elle réagir ?

L'investisseur américain George Soros met en garde contre l'usage de technologies avancées, comme l'intelligence artificielle, par des Etats autoritaires. Il désigne notamment le chef d'Etat chinois Xi Jinping comme le pire ennemi de la démocratie - soulignant que le pays procède à des investissements dans le monde entier pour étendre son influence. Tous les éditorialistes ne se rangent pas à cet avis.

Le non de la Commission européenne au projet de fusion des activités ferroviaires de Siemens et Alstom a provoqué un débat sur le droit de la concurrence dans l'UE. Bruxelles s'est imposée, en dépit du soutien de l'Allemagne et de la France. Les deux pays entendaient faciliter la naissance d'un poids-lourds industriel en mesure de rivaliser avec les groupes américains ou chinois. Comment réguler la concurrence en Europe ?

La guerre commerciale menée par les Etats-Unis rapproche l'UE et la Chine. Lors du sommet UE-Chine, elles ont convenu d'intensifier leur collaboration, notamment dans les domaines de l'économie et de la protection de l'environnement. Si les commentateurs approuvent cette union, ils n'en rappellent pas moins l'Europe à ne pas cautionner les violations des droits de l'homme en Chine.

En Suède, la question de l'influence chinoise fait débat. Dans la localité de Lysekil, dans l'ouest du pays, des investisseurs chinois entendaient construire le plus grand port à conteneurs d'Europe septentrionale, avant qu'un mouvement de protestation ne sonne le glas du projet. Quelle devra être la position du pays, à l'avenir, vis-à-vis de Pékin et de grands projets semblables ?