Espagne : les riches appelés à passer à la caisse

En Espagne, le gouvernement de gauche a adopté mardi un projet de budget prévoyant une augmentation sensible des dépenses publiques ainsi que des hausses d'impôt pour les grands groupes et les grandes fortunes. Les éditorialistes se demandent si c'est le moyen idoine d'atténuer les conséquences de la crise du coronavirus.

Ouvrir/fermer tous les articles
El Mundo (ES) /

Cela nous reviendra cher

Tout le monde devra payer les pots cassés du populisme de gauche, estime El Mundo :

«L'Espagne sera ainsi le seul pays d'Europe qui, en pleine crise, adopte une politique générale d'augmentation des impôts. L'affirmation rebattue selon laquelle la hausse d'impôt ne concernera que les riches est erronée : l'effet destructeur sur la croissance et l'emploi affectera la majorité des citoyens. Pendant ce temps, le gouvernement protège les fonctionnaires avec une revalorisation des salaires qui sent le clientélisme à plein nez. A quoi bon promettre dix pour cent d'investissements supplémentaires dans le social ou la santé quand l'activité privée censée les financer s'effondre et quand les créanciers tirent la sonnette d'alarme face à un niveau d'endettement insoutenable ? C'est le prix à payer quand on donne le pouvoir au populisme.»

El Periódico de Catalunya (ES) /

Les millionnaires tiendront le coup

El Periódico de Catalunya de son côté estime qu'en période de crise, l'effort demandé aux gros porte-monnaies est justifié :

«Sans cette hausse, il serait impossible d'augmenter les dépenses publiques. ... Dans ces conditions, il n'est pas déraisonnable d'augmenter les impôts, quand on sait qu'en termes d'impôts sur le revenu, sur la fortune et sur les sociétés, cette hausse ne concernerait qu'un nombre très restreint de très riches. Aujourd'hui, ils sont appelés à se montrer solidaires. Ceux qui gagnent plus de 300.000 euros par an ou dont la fortune dépasse dix millions d'euros sont difficilement assimilables aux classes moyennes. Quant aux autres taxes, notamment celles sur les boissons sucrées, les emballages en plastique ou le diesel, prévues par le paquet fiscal vert, elles sont simplement dans l'intérêt général.»