(© picture-alliance/Vincenzo Livieri)

  Navalny contre Poutine

  5 Débats

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International ne considère plus Alexandre Navalny, farouche opposant à Poutine, comme 'prisonnier politique non-violent'. Elle appuie sa révision sur des plaintes déposées contre des déclarations à caractère discriminatoire faites par Navalny il y a plus de dix ans envers les migrants et un certain nombre de régions et de pays, et dont il ne s'est jamais distancé depuis. A qui cette réévaluation d'Amnesty nuit-elle ?

En raison de la répression dont est victime l'opposant Alexeï Navalny, les ministres européens des Affaires étrangères sont convenus de nouvelles sanctions contre la Russie. Dans les prochaines semaines, les individus responsables de l'arrestation de Navalny verront leurs avoirs gelés et seront interdits d'entrée sur le territoire de l'UE.

Alexeï Navalny a été condamné à une peine de deux ans et huit mois de camp de travail. Un tribunal moscovite a transformé une peine avec sursis remontant à 2014 en une peine de prison. En 2017 déjà, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait qualifié le procès d'arbitraire. La presse européenne voit la Russie de plus en plus isolée après une sentence qu'elle juge clairement politique, et elle s'interroge sur les moyens de soutenir la cause de Navalny.

Pour le deuxième week-end d'affilée, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer l'incarcération de Navalny, la corruption et les lacunes de l'Etat de droit en Russie. Les forces de l'ordre ont réprimé les manifestations, souvent dans la violence, et il y a eu plus de 5 000 arrestations. Si certains commentateurs estiment que la contestation va lentement s'étioler, d'autres estiment que le vent de la fronde qui s'est levé n'est pas prêt de retomber de sitôt.

L'affaire du "palais de Poutine" continue de poursuivre le président russe. La semaine passée, l'équipe de Navalny avait publié une vaste documentation sur une résidence au luxe ostentatoire sur les rives de la mer Noire. Après un mouvement de manifestations d'ampleur nationale, Poutine a pris la parole sur ce palais, dans le cadre d'une visioconférence en direct avec des étudiants choisis sur le volet. Il n'a toutefois pas su convaincre les journalistes, qui se gaussent de son intervention.