Des soldats autrichiens dans le cadre d'une mission de l'EUFOR, en Bosnie-Herzégovine. (© picture alliance/AP Photo/Kemal Softica)

  Politique européenne de défense

  8 Débats

L'UE doit "apprendre le langage de la puissance", avait fait valoir Ursula von der Leyen après sa nomination à la tête de la Commission. Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, vient de présenter une "boussole stratégique". Les ministres des Affaires étrangères de l'Union discuteront de cette ébauche de doctrine de défense dans les semaines à venir. La presse entrevoit déjà des potentiels points de conflit.

La rupture par l'Australie, il y a deux semaines, d'un contrat de plusieurs milliards d'euros portant sur l'achat de 12 sous-marins avait suscité l'ire de la France. Une colère que devrait atténuer l'annonce faite par la Grèce, pays pourtant surendetté, de faire l'acquisition de trois frégates françaises dans le cadre d'un partenariat stratégique. Le contrat divise les éditorialistes grecs.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a tenu son second discours annuel sur l'état de l'Union. Elle a rappelé que la concurrence internationale serait de plus en plus rude et a notamment plaidé la cause d'une Union de la défense. Si certains commentateurs saluent un discours plein d'entrain et d'enthousiasme, d'autres craignent que la Commission soit tributaire du bon vouloir des Etats membres.

La mission de l'OTAN en Afghanistan aura duré 20 ans. La stratégie suivie, une occupation militaire doublée d'une tentative de 'nation-building', est qualifiée d'échec par la plupart des experts. Plus de 3 500 militaires de l'OTAN et d'Etats alliés ont perdu la vie dans le pays. Si certains éditorialistes semblent vouloir continuer de tirer les enseignements de la débâcle, d'autres tentent de nuancer le bilan.

Au lendemain du Brexit, la Grande-Bretagne se dote d'une nouvelle politique de défense et de relations extérieures. Mardi, le Premier ministre Boris Johnson a présenté à la Chambre des communes sa stratégie internationale, intitulée "Global Britain". Elle prévoit un renforcement de l'arsenal nucléaire, en réponse à de nouvelles menaces, et une présence accrue dans la zone indo-pacifique, devenue selon Johson 'centre de gravité géopolitique et économique' du monde.

Paris et Berlin sont en désaccord quant à l'orientation que doit prendre la politique de défense de l'Europe. Ils s'attendent tous deux à un désengagement des Etats-Unis, y compris sous l'administration de Joe Biden. Or tandis que Macron veut investir dans une Europe souveraine capable de se défendre sans OTAN et sans les Etats-Unis, la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, estime pour sa part que l'autonomie militaire européenne est une vue de l'esprit.

Dans un discours, le président français, Emmanuel Macron, a fait valoir l'importance de la dissuasion nucléaire, appelant ses partenaires européens à un dialogue stratégique et à participer à des exercices militaires avec la France. Paris peut-elle à terme remplacer Washington en tant que garante de la sécurité de l'Europe ? Les observateurs sont divisés.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel se sont tous deux déclarés favorables à la création d'une armée européenne. Les éditorialistes expliquent pourquoi les deux leaders promeuvent cette initiative et espèrent qu'ils pourront la concrétiser rapidement.