Gazoduc en Iakoutie, Russie. (© picture alliance/dpa/TASS/Kirill Kukhmar)

  Politique énergétique

  30 Débats

Avec les manifestations du dérèglement climatique (canicules, sécheresse, récoltes perdues) et la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, la préservation des ressources et la transition vers les énergies renouvelables paraissent plus pressantes que jamais. La presse se demande quelles seraient les options les plus efficaces pour assurer ce processus.

Accusé d'avoir commandité le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman était indésirable depuis au sein de l'UE. Or le dirigeant controversé vient d'être reçu par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à Athènes et le président français Emmanuel Macron à Paris. La crise de l'énergie favorise la realpolitik, déplorent les éditorialistes.

Les ministres européens de l'Energie se sont mis d'accord sur un plan d'urgence pour l'approvisionnement en gaz. La Russie ayant réduit ses livraisons, l'UE s'attend à des pénuries, surtout en Allemagne. Une baisse de 15 pour cent de la consommation est prévue pour l'ensemble des Etats, mais plusieurs exceptions ont été aménagées. Ce qui explique, en partie, le scepticisme des éditorialistes.

Les producteurs de pétrole et de gaz profitent indirectement de la hausse des prix due à la crise énergétique. En réaction, les gouvernements belge et espagnol souhaitent soumettre ces surprofits à un impôt exceptionnel. Le président Emmanuel Macron s'est prononcé contre cette initiative, et cela fait réagir dans le pays.

Riga a décidé de mettre fin à la combustion de tourbe 'énergétique' d'ici 2030, alors que la Lettonie est le plus grand exportateur de tourbe du monde. Elle entend réduire ses émissions de CO2, et bénéficier des 184 millions d'euros alloués dans le cadre du 'mécanisme pour une transition juste' (MTJ) de l'UE. Compte tenu de la situation actuelle, la presse remet fortement en question cette décision.

Depuis maintenant une semaine, les Etats de l'UE débattent du plan d'urgence de la Commission pour l'approvisionnement en gaz. Il prévoit que les pays réduisent volontairement leur consommation de 15 pour cent entre août et mars et s'entraident en cas de pénuries. Comme Moscou réduira un peu plus ses livraisons via le gazoduc Nord Stream 1 à partir de mercredi, un accord officiel est attendu dès ce mardi. La presse se fait l'écho du principe de solidarité.

Uniper, le premier fournisseur de gaz en Allemagne, est en crise : en raison de la réduction des livraisons de gaz russe, et afin d'honorer ses contrats, l'entreprise cotée en bourse est contrainte de s'approvisionner à des prix désavantageux sur le marché comptant, enregistrant ainsi des pertes considérables. Son actionnaire majoritaire est le groupe finlandais Fortum. Mais Helsinki refuse de venir en aide à ce dernier et considère que la responsabilité échoit à Berlin.

La vague de chaleur, qui entraîne des températures records, donne du fil à retordre aux populations européennes : face aux feux de forêt dévastateurs et à la dégradation des terres agricoles, la question de savoir comment enrayer le changement climatique s'impose avec toujours plus de force. La presse s'interroge sur les mesures politiques à mettre en place et sur les changements de comportement nécessaires à l'échelle individuelle.

La décision du président américain de faire escale en Arabie saoudite, dans le cadre de son déplacement au Moyen-Orient, a suscité de vives réactions. Suite à l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, avalisé par le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane selon les rapports des services de renseignement, Biden avait sévèrement critiqué Riyad. Stratégie condamnable du 'deux poids, deux mesures' ou diplomatie du compromis nécessaire ?

Depuis lundi, en raison de travaux de maintenance de routine, le gazoduc russo-allemand Nordstream 1, qui alimente surtout le Nord-Ouest de l'Europe, n'achemine plus de gaz. Nombreux sont ceux qui redoutent que Moscou se serve de cette interruption pour sevrer durablement l'Europe du gaz russe. Berlin va restituer à la Russie une turbine qui était en réparation au Canada, au grand dam de plusieurs Etats qui dénoncent une entorse aux sanctions contre la Russie.

Le Parlement européen a approuvé la proposition de la Commission européenne de février visant à faire bénéficier aux investissements dans l'énergie nucléaire et le gaz naturel d'un label de durabilité, moyennant certaines conditions. Sur les 705 parlementaires, 328 avaient voté contre ce projet. L'Autriche et le Luxembourg entendent faire appel. La presse européenne met en lumière cette controverse.

Les sanctions européennes sur le pétrole russe et les réductions par la Russie de ses livraisons de gaz à l'Europe ont fait exploser les prix de l'énergie, partout en Europe. Si le kilowattheure d'électricité coûtait 74 euros en juin 2021, son prix atteint 218 euros en juin 2022. A 8,6 pour cent, l'inflation atteint elle aussi des sommets dans la zone euro. Les commentateurs européens évoquent la guerre des nerfs qui a commencé et les priorités que l'on est amené à définir.

Les réductions des livraisons de gaz par la Russie placent l'Europe dans un embarras croissant : en Allemagne, le ministre de l'Economie Robert Habeck a activé le niveau deux, sur trois, de son plan d'urgence pour l'approvisionnement en gaz. "Nous sommes confrontés à une crise gazière", a-t-il déclaré, soulignant que le prix allait continuer de grimper. Comment amortir le choc pour les Européens ?

La Russie réduit ses livraisons de gaz, laissant planer les craintes d'un hiver froid dans les foyers européens. Les pays les plus touchés seront l'Allemagne et l'Italie, qui devraient normalement remplir leurs réserves de gaz à cette période. La raréfaction de la ressource a immédiatement fait bondir le prix du gaz de 30 pour cent. La presse d'Europe centrale et orientale s'inquiète pour les consommateurs.

Le gouvernement néerlandais va interdire les chauffages au gaz et au fioul à partir de 2026 et subventionner l'installation de pompes à chaleur. La décision est liée à la guerre en Ukraine et au plan REPower de l'UE, qui vise à affranchir l'UE de la dépendance aux énergies fossiles russes. La presse s'interroge sur la viabilité d'un changement rapide.

La Commission européenne a présenté mercredi le projet RepowerEU, censé réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie et accélérer la transition vers les énergies vertes. Elle entend débloquer à cet effet 300 milliards d'euros sous la forme de prêts et de subventions. Outre un vaste plan d'investissement, l'UE table également sur des économies d'énergie et des achats mutualisés, comme pour les vaccins. Faut-il y voir une initiative visionnaire ou un excès de zèle ?

La guerre en Ukraine provoque une envolée des prix de l'énergie, partout dans le monde. C'est pourquoi l'Europe cherche à s'émanciper des combustibles fossiles russes, le plus rapidement possible. De plus, les gouvernements essaient de mettre en place des stratégies pour amortir rapidement les hausses de prix et atténuer une perte de pouvoir d'achat. La presse européenne aborde les différentes approches.

Les Etats-Unis veulent stopper toute importation d'énergie provenant de Russie. L'UE n'emboîte pas le pas à l'embargo américain mais entend réduire de deux tiers ses importations de gaz russe d'ici la fin de l'année et s'émanciper des combustibles fossiles russes bien avant 2030. Si certains commentateurs appellent à mettre les bouchées doubles, d'autres croient que cela ne pourra pas déboulonner Poutine.

La Commission européenne a présenté sa 'taxonomie' - son nouveau classement des investissements durables. Comme on pouvait s'y attendre, le gaz et le nucléaire y sont considérés comme des énergies vertes, sous conditions. L'Autriche et le Luxembourg ont annoncé qu'ils feraient appel de la décision, rejetée également par d'autres Etats de l'UE. Une majorité au Parlement européen ou un veto appuyé par au moins 20 Etats membres pourrait encore renverser la décision. La presse est divisée.

Depuis des mois, les prix de l'électricité et du gaz sont en hausse en Europe. Ils ont renchéri d'un tiers environ en un an et devraient augmenter encore en 2022. Sous l'effet de l'inflation, les prix des denrées alimentaires grimpent eux aussi. Les consommateurs européens ont du mal à joindre les deux bouts, doivent sauter des repas et économiser sur le chauffage. La presse européenne met en garde contre les conséquences sociales de la crise énergétique et réfléchit aux autres sources d'énergie possibles.

La Moldavie et la Russie semblent avoir trouvé une issue au litige qui les oppose sur la question des livraisons de gaz. Les deux parties ont conclu un nouvel accord d'approvisionnement sur cinq ans. Pendant la dispute, la Moldavie avait négocié un accord de livraison avec la Pologne. Les chroniqueurs reviennent sur ce bras de fer.

La Moldavie, jusque-là dépendante du gaz russe, refuse d'accepter les conditions fixées par Moscou pour le futur approvisionnement du pays, et a décidé d'effectuer un "achat pilote" de gaz à la Pologne, qui lui sera livré via l'Ukraine. Pour les journalistes, cette confrontation pourrait avoir des effets inattendus.

En l'espace d'un an, le prix de gros du gaz naturel a été multiplié par trois. Réunis mardi à Bruxelles pour coordonner leur action face à la hausse des coûts du gaz et de l'électricité, les ministres de l'Energie des pays de l'UE ne sont pas parvenus à s'entendre. L'Europe semble être à nouveau divisée entre Nord et Sud : tandis que l'Espagne et la Grèce, notamment, appellent à intervenir sur les marchés, l'Allemagne, les Pays-Bas et les Etats baltes préfèrent temporiser. Certains chroniqueurs vont jusqu'à affirmer que le marché unique et la politique énergétique commune sont au cœur du problème.

Dix pays membres de l'UE appellent Bruxelles à octroyer à l'énergie nucléaire le label écologique dans la taxonomie européenne des activités durables. C'est le cas de la France, qui mise depuis longtemps sur l'atome, mais aussi de la Pologne, qui envisage de se doter de centrales nucléaires. Ce reclassement du nucléaire serait décisif pour des investissements durables. Les commentateurs sont divisés.

La conjonction de la flambée des prix de l'énergie et de l'impératif de réduire les émissions propulse le nucléaire sur le devant de la scène, pas seulement en France. Face à cette nouvelle donne, les éditorialistes européens se demandent si les centrales nucléaires peuvent être considérées comme des sources d'énergie durables.

Dans le cadre de son plan d'investissement "France 2030", Emmanuel Macron a détaillé comment il envisageait la transition écologique et numérique. Il préconise des investissements massifs dans le nucléaire, filière idéale selon lui pour atteindre les objectifs climatiques. Ses propos se doublent d'offres commerciales concrètes : peu après les annonces de Macron, EDF a soumis à la Pologne une proposition de construction de quatre à six réacteurs nucléaires.

Selon les médias canadiens, le nouveau président des Etats-Unis, Joe Biden, entend suspendre la construction de l'oléoduc Keystone XL et miser sur le gaz naturel. Déjà arrêté par Barack Obama en 2015 en raison des dommages à l'environnement, le projet avait été relancé par Donald Trump. Biden entend également fixer de nouveaux objectifs énergétiques dans d'autres domaines, et prévoit pour cela une enveloppe de 2 000 milliards de dollars.

La centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, la plus ancienne de France (mise en service en 1977), a été déconnectée du réseau le 30 juin. Selon ses détracteurs, un risque pour la sécurité en émanait. Si les politiques allemands et les militants écologistes applaudissent sa fermeture, ses employés et les riverains sont nombreux à la regretter. Dans la presse allemande et française, les échos sont mitigés.

Le groupe pétrolier saoudien Aramco, qui a fait son entrée en Bourse mardi, vaut davantage que Microsoft et Apple. En vendant des actions de son entreprise publique, Riyad espère débloquer des fonds pour diversifier son économie. Les éditorialistes sont toutefois sceptiques quant à l'enthousiasme des investisseurs.

Un rapport de l'instance néerlandaise de supervision des mines préconise de réduire drastiquement l'extraction de gaz naturel dans la province de Groningue, afin de préserver les habitants de nouveaux séismes liés a cette activité. Entre la protection des citoyens et les engagements internationaux du pays, les commentateurs font le point.