Suisse : vers une baisse drastique de la redevance ?
La Suisse votera le 8 mars sur l'initiative "200 francs, ça suffit !", plus connue sous le nom "initiative pour la réduction de moitié de la redevance SSR". Elle a pour but de faire baisser significativement le montant de la redevance audiovisuelle pour les citoyens et d'exonérer les entreprises. Le budget alloué à la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR) serait ainsi réduit de moitié environ. L'initiative est soutenue par les partis UDC (extrême droite), Jeunes libéraux-radicaux (droite) et le syndicat conservateur Union suisse des arts et métiers.
Plus besoin d'émissions annexes
Dans Aargauer Zeitung, le président des Jeunes libéraux-radicaux taxe les opposants d'alarmisme :
«On ne peut pas sérieusement raisonner en expliquant à la population qu'avec cette proposition, la SSR, dont le budget s'élève à 850 millions de francs suisses, va faire un trait sur le journal télévisé 'Tagesschau' ou sur la couverture des courses de ski alpin du Lauberhorn. Devant ce genre d'arguments tirés par les cheveux, on a du mal à comprendre comment il est possible de justifier la diffusion d'autres programmes tels que 'Shaolin Challenge', une émission de téléréalité de la SRF diffusée prochainement, et dans laquelle des célébrités partent en quête d'elles-mêmes en méditant dans un monastère sud-coréen. ... A l'époque, on partait du principe que les contenus informatifs ne se suffisaient pas à eux mêmes et qu'il fallait leur ajouter d'autres émissions pour attirer les téléspectateurs. Mais ce raisonnement a fait son temps, car aujourd'hui, la consommation est ciblée.»
Clarifier les choses
Le quotidien Neue Zürcher Zeitung réclame une plus grande transparence sur les programmes amenés à être supprimés :
«Susanne Wille [directrice de la SSR] cherche à se soustraire à ce débat, ce qui est stratégique : en laissant planer le doute sur les programmes menacés, elle maintient les votants dans le flou – chacune et chacun doit craindre pour son émission favorite. … Au demeurant, les initiants [de la votation populaire] ne laissent pas d'autre choix aux votants. Ils ont eux aussi renoncé à définir clairement ce à quoi doit ressembler un 'service indispensable pour la collectivité'. Par conséquent, ils ne sont pas parvenus à prouver que la SSR pourra bel et bien assurer sa mission principale avec un budget quasiment rogné de moitié, comme ils le prétendent. … Même si les critiques fustigeant une SSR 'hypertrophiée' sont justifiées, un oui à l'initiative serait dès lors risqué. La Suisse confédérale est tenue d'apporter une couverture médiatique de base à ses citoyens.»