Législatives japonaises : victoire écrasante de Takaichi
Le Parti libéral-démocrate (national-conservateur) a remporté une victoire écrasante aux législatives japonaises. Sous l'égide de Sanae Takaichi, devenue Première ministre en octobre dernier seulement, le PLD a remporté plus de deux tiers des sièges à la Chambre basse – un score inédit dans le Japon d'après-guerre. Takaichi entend réarmer fortement le Japon afin de créer un contrepoids à la Chine dans la région.
Rondement mené
The Economist ne tarit pas d'éloges sur la gagnante du scrutin :
«Takaichi s'est tournée vers les électeurs qui aspirent au changement, ou du moins à ce qui peut y ressembler. Première femme de l'histoire du pays à diriger un gouvernement, elle forme un contraste bienvenu vis-à-vis de ses prédécesseurs, avec ses origines de la classe moyenne et son franc-parler. Ancienne batteuse de heavy metal, elle se montre à son aise sur la scène internationale, notamment avec Donald Trump, le dirigeant du principal allié du Japon. … Si ses promesses de campagne dépensières ont parfois fait frémir les marchés obligataires, elles plaisent aux électeurs. … Ce résultat électoral remarquable reconfigurera la politique japonaise pour les années à venir.»
Un signal clair envoyé à Pékin
Pour Tim Kanning, correspondant du journal Frankfurter Allgemeine Zeitung à Tokyo, Takaichi a aussi été élue pour sa position résolue vis-à-vis de la Chine :
«En affirmant que le Japon pourrait intervenir aux côtés des Etats-Unis si Pékin attaquait l'Etat démocratique de Taïwan, elle a provoqué la pire dispute depuis longtemps entre les rivaux asiatiques. La posture diplomatique virulente de Xi était censée intimider les Japonais. Mais avec le soutien clair accordé à Takaichi, ils viennent d'envoyer un signal sans équivoque à Pékin. La pression chinoise a plutôt uni le peuple.»
De bon augure pour les démocraties
L'Europe pourrait profiter elle aussi de la victoire de Takaichi, juge La Stampa :
«Ce scrutin assure une stabilité gouvernementale au Japon, fournit un mandat clair à la Première ministre et confère un rôle de poids au pays dans l'espace Asie-Pacifique. C'est une mauvaise nouvelle pour Xi (et pour Poutine) ; une bonne nouvelle pour Taïwan ; une nouvelle encourageante pour les pays asiatiques ainsi que pour Canberra et Wellington ; une nouvelle modérément bonne pour Trump. Pour l'Europe, c'est une opportunité à saisir. A deux niveaux : la jonction entre sécurité dans l'Indo-Pacifique et sécurité dans l'espace euro-atlantique, et la diversification des flux technologiques et commerciaux. L'Italie est susceptible d'en profiter sur les deux plans.»