Tchéquie : le gouvernement veut-il museler les médias ?

Environ 2 000 employés de la télévision et de la radio tchèque (respectivement ČT et ČRo) ont signé un appel en faveur de la défense des médias publics. Ils considèrent que leur indépendance est menacée par l'intention du gouvernement de supprimer les redevances pour les médias publics et de les soumettre au budget de l'Etat.

Ouvrir/fermer tous les articles
Info.cz (CZ) /

Comment duper les électeurs...

Info.cz y voit une stratégie mûrement réfléchie visant à mettre les chaînes sous tutelle :

«Assurer le financement des médias publics en puisant dans le budget de l'Etat n'est pas un tabou en Europe, c'est même la voie la plus courante. On se demande donc pourquoi le débat s'échauffe. … Les membres politiques de la coalition veulent placer les médias publics à leur merci et vendent ce projet aux électeurs comme une solution miracle à la redevance. Par conséquent, les électeurs opinent du bonnet. L'opposition tire la sonnette d'alarme, mais elle est en partie responsable de la situation. Si les problèmes rencontrés par les médias publics avaient été abordés à temps, la suppression de la redevance ne serait peut-être pas à l'ordre du jour aujourd'hui.»

Hospodářské noviny (CZ) /

Une tentative d'assèchement de la démocratie

Les signataires de l'appel lancé par ČT et ČRo contre la suppression de la redevance ont raison sur tous les points, estime Hospodářské noviny :

«Il n'y a aucune raison objective de modifier un modèle de financement qui a fait ses preuves et qui fonctionne. … En revanche, il existe une explication subjective et lourde de sens à ce changement : l'intention à peine voilée du gouvernement Babiš de mettre les médias publics sous tutelle. … Les signataires de la déclaration pour le sauvetage des médias publics ne protestent pas seulement telles des carpes qui lutteraient contre l'assèchement de leur étang. Ils tentent d'empêcher le gouvernement actuel d'assécher une surface bien plus large. Au cas où personne ne l'aurait encore remarqué : nous sommes tous les carpes de cet étang.»