La Hongrie bloque les sanctions contre la Russie
La veille du quatrième anniversaire du début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, la Hongrie a mis son veto au durcissement des sanctions contre la Russie, lors d'une rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'UE. La Hongrie et la Slovaquie accusent l'Ukraine de bloquer l'oléoduc Droujba. Ce 20e programme de sanctions, désormais gelé, vise la flotte fantôme russe et les recettes énergétiques. Le prêt adopté lors du sommet européen est également en suspens.
Une absence totale de solidarité
Jydske Veskusten est indigné :
«Alors que la plupart des pays de l'UE veulent aider l'Ukraine, deux pays livrent bataille pour pouvoir acheter davantage de pétrole russe ; ils se démènent, donc, pour injecter davantage d'argent dans les caisses militaires de Poutine. … L'UE a décidé d'assumer la responsabilité principale pour l'économie de l'Ukraine. Et voilà que ce sont les meilleurs amis de Trump en Europe – Orbán en Hongrie et Fico en Slovaquie – qui sapent le combat de l'Europe pour la liberté.»
L'UE a perdu le sens du possible
Pour le quotidien taz, il est trop facile de rejeter la faute sur Orbán :
«La Slovaquie et la République tchèque se sont aussi opposées au nouveau crédit d'aide de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. La Grèce et Malte ont également émis de fortes réserves quant au nouveau programme de sanctions. Même le G7, le groupe des sept (ex-) premiers pays industrialisés, ne suit pas cette ligne. Pour les Etats-Unis et le Canada, le projet d'interdire totalement aux pétroliers l'accès aux services maritimes va trop loin. … La direction européenne, qui a visiblement perdu le sens du possible, en est elle aussi responsable. Elle mise sur davantage de sanctions, d'argent et d'armes pour l'Ukraine – mais n'a toujours pas élaboré son propre plan pour mettre fin à la guerre. C'est aussi la raison pour laquelle la pression s'accroît.»
Faire des concessions de part et d'autre
Pravda appelle les parties à davantage d'efforts mutuels :
«Alors que la guerre entre tristement dans sa cinquième année, les turpitudes sont aussi perceptibles du côté des frontières occidentales de l'Ukraine. Kyiv mène déjà une forme de guerre froide avec Budapest et Bratislava. … Le litige lié aux livraisons de pétrole s'est envenimé. D'un côté, Kyiv devrait s'en tenir aux règles et respecter les accords. Comment, dans le cas contraire, entend-elle adhérer à l'UE et fonctionner en son sein ? … Robert Fico et Viktor Orbán devraient, pour leur part, faire preuve de plus d'empathie pour la situation de leur voisin occidental, si tant est, bien entendu, qu'ils disposent d'une telle capacité d'empathie. Leur attitude glaciale est souvent intenable. Elle offusque la population ukrainienne qui souffre. Les deux dirigeants occultent par ailleurs largement le fait que l'oléoduc a été bombardé par les Russes.»