Débloquer des réserves pour atténuer le choc pétrolier?

En réaction au blocage de fait du détroit d'Ormuz, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) veut libérer des stocks stratégiques de pétrole à hauteur de 400 millions de barils de brut. Jamais par le passé les pays membres de l'AIE n'avaient débloqué une quantité aussi importante de leurs réserves d'urgence. Il s'agit d'une action concertée visant à stabiliser le marché de l'énergie. Selon les commentaires des médias, ce n'est pas une solution probante.

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Naftemporiki (GR) /

Un simple antalgique

La décision de l'AIE n'aura pas beaucoup d'effet, juge Naftemporiki :

«Si les quantités débloquées peuvent sembler impressionnantes, il s'agit en réalité davantage d'un antalgique que d'un remède. Quelques jours seulement après le début du conflit, l'offre accuse déjà un déficit énorme sur le marché international, ce qui signifie que même le déblocage de réserves aussi importantes pourra difficilement compenser les 220 millions de barils bloqués au Proche-Orient. Par ailleurs, l'efficacité de la mesure dépend non seulement de la quantité, mais aussi des facteurs géographie et temps. L'Asie, considérablement dépendante des livraisons venant du Golfe, est la plus affectée. L'acheminement de pétrole des Etats-Unis vers les marchés asiatiques peut prendre jusqu'à deux mois.»

The Times (GB) /

Une artère vitale qui doit rester ouverte

Il faut à tout prix empêcher l'Iran de bloquer le détroit d'Ormuz, écrit The Times :

«Des navires de guerre ne peuvent assurer la protection des embarcations en danger que dans une certaine mesure, même si l'on pouvait mobiliser suffisamment de navires pour escorter les pétroliers, et à un coût prohibitif. … Il serait judicieux d'intensifier les frappes, surtout là où l'Iran continue d'essayer de fabriquer et de lancer des missiles et des drones. … Actuellement, le monde est en grande partie dépendant du pétrole et du gaz venant du Golfe. Une artère qui doit impérativement rester ouverte.»

Hämeen Sanomat (FI) /

La solution passe par les renouvelables et la paix

Nous ne sommes pas près de pouvoir nous passer des combustibles fossiles, déplore Hämeen Sanomat :

«Le meilleur remède à la crise pétrolière serait la paix. Mais elle est bien loin, et le changement de pouvoir voulu en Iran ne semble pas se concrétiser. Le régime des mollahs, actuellement aux manettes, s'emploie plutôt à poursuivre les hostilités avec acharnement. … Triste constat, le grand gagnant de cette crise pétrolière est l'économie de guerre russe, alimentée qu'elle est par les recettes du pétrole. … Le monde reste et demeure dépendant du pétrole. La transition vers une économie sans combustibles fossiles est un objectif ambitieux et louable, mais qui reste encore bien loin, surtout à cause de la politique mené par Donald Trump dans son second mandat.»