Législatives du 12 avril : quel destin pour la Hongrie ?
Deux semaines avant les législatives en Hongrie, la campagne se durcit. Le Premier ministre sortant, Viktor Orbán, au pouvoir depuis près de 16 ans et distancé dans les sondages, accuse le Tisza de servir les intérêts de l'UE et de l'Ukraine. Ses adversaires, quant à eux, reprochent à l'exécutif d'occulter les problèmes du pays. De son côté, Bruxelles examine les allégations selon lesquelles le ministre hongrois des Affaires étrangères aurait relayé des informations européennes confidentielles à Moscou.
Un Premier ministre acculé
Orbán semble avoir perdu l'usage de la parole, estime Népszava :
«Manifestement, le Premier ministre ne croit ni les sondages ni les grandes tendances annoncés : il n'a pas dit un mot sur les prévisions de l'institut de sondage le plus fiable [Medián], qui annonce un Parlement bipartite. … Cette constellation ne reflète pas, idéologiquement, l'ensemble de la société hongroise, mais cela, les chiffres de Medián ne le montrent pas. Ce qu'ils montrent, c'est surtout qu'en deux ans, un nouveau parti politique a su rassembler derrière lui la majorité des électeurs, avec pour simple message la nécessité pour Orbán de s'en aller – un message auquel Orbán a du mal à répondre de manière judicieuse.»
Economiquement à bout
L'inamovible Fidesz n'arrive plus à résoudre les problèmes du pays, assure Cyprus Mail :
«D'autres pays européens cèdent de temps à autre aux figures populistes : c'est le cas de la Slovaquie et de la République tchèque, et peut-être bientôt du Royaume-Uni, si Nigel Farage remportait le prochain scrutin. Orbán, pour sa part, s'est imposé quatre fois d'affilée ; mais cette année, fait intéressant, les choses sont mal engagées. Les législatives doivent avoir lieu le 12 avril, et depuis des mois, son parti, le Fidesz, est nettement distancé par le parti d'opposition Tisza dans les sondages - il accuse en général un retard de dix points. La véritable cause de ses problèmes ? Une économie en berne. Il n'est pas en mesure d'y remédier, et il est en train de céder à la panique.»
Moscou a-t-elle pris le contrôle ?
Orbán ne cesse de pester contre l'Ukraine et l'UE, ce qui interpelle le site LB.ua :
«En montant en épingle le mythe d'une 'immixtion ukrainienne', Orbán tente de dissimuler la réalité, à savoir, de facto, la perte de souveraineté de la Hongrie, qui a été cédée au Kremlin. Comment décrire, sinon, une situation dans laquelle le gouvernement hongrois s'emploie à bloquer l'aide à l'Ukraine et à assurer un lobbying en faveur des intérêts russes dans l'UE, plutôt que de se préoccuper des problèmes du pays ? Et où le ministre hongrois des Affaires étrangères se rend régulièrement à Moscou pour y rendre des comptes ?»
Une évolution inéluctable
Si le Fidesz l'emportait à nouveau, le Premier ministre sortant devrait s'attendre à des pressions de Bruxelles :
«Qu'adviendra-t-il à l'issue du scrutin ? Même s'il l'emportait, comment Orbán envisage-t-il la coexistence future avec l'UE ? Il a littéralement tout bloqué – ou fait pesé cette menace. Personne ne lui fait confiance ; le reste du continent le considère comme un sbire de la Russie, du mouvement MAGA et de Trump. Quelle que soit l'issue des législatives du 12 avril, la Hongrie est en train de changer. Mais il est difficile de dire si ce sera pour le meilleur.»