Hongrie : le ministre des Affaires étrangères sur la sellette

Dans une conversation téléphonique divulguée par des médias d'investigation, on entendrait le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, promettre à son homologue russe, Sergueï Lavrov, de faire tout son possible pour faire retirer la sœur d'un oligarque russe de la liste des sanctions de l'UE. Szijjártó aurait par ailleurs promis au secrétaire d'Etat russe à l'énergie, Pavel Sorokine, d'œuvrer à la levée des sanctions contre la flotte fantôme russe.

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Válasz Online (HU) /

Budapest ne fait plus partie de l'équipe

Les alliés européens ont déjà fait une croix sur la Hongrie, assure Válasz Online :

«Ce n'est pas seulement la soumission inconditionnelle aux intérêts russes qui est choquante, mais aussi le message [qui ressort de la conversation divulguée] en soi. Nos partenaires européens l'ont dit clairement : l'actuel gouvernement hongrois, à ses yeux, ne fait plus partie de l'équipe de football européenne, elle joue dans les rangs de l'adversaire. … Les citoyens hongrois peuvent tout à fait décider le 12 avril de choisir la 'sécurité', mais quoi qu'il en soit, cela signifiera fort probablement la fin de l'existence de notre pays dans l'UE, avec toutes les conséquences économiques et sociales que ceci implique. Nous en resterions membres, de facto, mais serions exclus de toutes les négociations importantes, et renoncerions définitivement aux fonds européens déjà gelés.»

Népszava (HU) /

Moscou dicte les arguments

Budapest se contente de défendre les intérêts de la Russie, fustige Népszava :

«Il s'avère que Péter Szijjártó – ce qu'il n'a du reste pas nié – consulte les Russes avant l'adoption des sanctions, de sorte qu'avant même que les décisions ne soient prises, les entreprises et les personnes ciblées peuvent mettre leur fortune en sécurité ou élaborer à la hâte un réseau d'entreprises afin de brouiller les pistes. … A Bruxelles, on avait seulement le sentiment, jusque-là, que le gouvernement Orbán défendait un point de vue qui coïncidait avec les intérêts russes ; or un faisceau croissant d'éléments atteste aujourd'hui que les arguments souverains hongrois sont en réalité dictés par Moscou.»

Polityka (PL) /

Compromettant aussi pour l'UE

Polityka estime que la responsabilité des dirigeants européens est elle aussi engagée :

«Ces révélations confirment que l'UE compte un cheval de Troie dans ses rangs, et qu'elle n'est pas vraiment en mesure d'y remédier. … Toute cette histoire en dit long malheureusement, aussi bien sur Orbán que sur l'UE. Pendant des années, le Premier ministre hongrois a été sous l'aile protectrice des partis de centre-droit européens ; Angela Merkel et la direction du PPE le défendaient. Et même lorsque sa coopération avec Moscou avait été éventée à Bruxelles, l'Union n'a pas été en mesure de résoudre le problème. Reste donc la question de savoir ce que l'UE fera si Orbán arrivait par miracle à se maintenir au pouvoir.»