Corruption : Kövesi répond au gouvernement grec
Au Delphi Economic Forum, en Grèce, la cheffe du Bureau du procureur général européen (EPPO) Laura Kövesi a évoqué la semaine dernière des tensions entre le gouvernement hellénique et les procureurs grecs de l'EPPO, qui enquêtent sur les fraudes présumées aux fonds européens. Certains politiques reprochent à la procureur une immixtion dans les affaires intérieures du pays. Pour sa part, Kövesi a affirmé qu'elle ne pensait pas que les Grecs acceptaient "la corruption comme un mode de vie".
Une excuse serait de mise
Kövesi est allée trop loin, affirme le portail Capital :
«Kövesi avait entièrement le droit de sévir contre les fraudeurs. Ce faisant, elle aurait eu le soutien de tous les citoyens sérieux de ce pays. Mais dès lors qu'elle a autorisé que pèsent sur la Grèce des soupçons allant au-delà des accusations réelles, elle s'est vu reprocher davantage qu'une simple formulation malheureuse. Elle a mis dans le même sac moral ceux qui étaient responsables de ces fraudes et ceux qui en ont fait les frais. Pour un politique, ce serait de la démagogie ; pour une procureure, c'est une erreur institutionnelle. Kövesi doit une excuse au peuple grec, et doit faire amende honorable.»
Mieux vaut une justice importée que pas de justice
Une instance sévit enfin contre la corruption dans le pays, se réjouit le portail TVXS :
«Si le parquet européen n'avait pas ouvert d'enquête contre l'OPEKEPE [agence grecque pour le versement des subventions agricoles], le scandale aurait été passé sous silence, exactement comme celui des écoutes, celui de Tempi et tous les autres. Kövesi fait le travail que devraient faire les juges grecs. C'est une honte pour le pays, mais il vaut mieux une justice importée que pas de justice du tout. … Kövesi a prouvé qu'elle restait fidèle à sa fonction et qu'elle était tenace. Elle n'a pas hésité lorsqu'il a fallu recadrer le gouvernement Mitsotakis, et elle a ouvertement révélé la pression à laquelle elle était exposée.»