Hongrie : Magyar a pris les rênes du gouvernement
L'ère Orbán est révolue : samedi, le Parlement hongrois a officiellement élu Péter Magyar Premier ministre, avec 140 voix pour et 54 voix contre. Son parti, Tisza, dispose d'une majorité de deux tiers à l'Assemblée nationale après sa victoire en avril. Le conservateur europhile Magyar a évoqué un renouveau pour la Hongrie, estimant que le peuple lui avait donné un mandat pour changer de système.
Rompre l'hostilité mutuelle
Dans Index, le politologue Attila Tibor Nagy s'interroge sur la capacité du nouveau Premier ministre à garantir un équilibre social et politique :
«Dans son discours du 9 mai, Péter Magyar a demandé un renouveau moral et spirituel : n'exclure personne de la nation et respecter ceux qui ont une autre opinion politique. … Malheureusement, l'histoire du parlementarisme hongrois moderne a été marquée par un grand nombre d'hostilités ; en comparaison, l'impartialité, le respect mutuel et l'esprit coopératif ont été représentés de façon limitée – c'est peu de le dire. Si Péter Magyar pouvait changer la donne, ce serait positif. La question est de savoir s'il le souhaite réellement et s'il en est capable.»
Le peuple soutient l'Etat
Sur hvg, le politiste Miklós Sükösd évoque un tournant historique en Hongrie en vue de l'établissement d'une véritable République :
«En 2026, la souveraineté populaire ne fait pas office de toile de fond formelle, mais de volonté décisive façonnant le système, de principe juridique et de sentiment démocratique de millions d'électeurs. Si cette évolution sociale de la majorité se transforme en engagement durable, et si elle ne se limite pas à la dissolution de la domination arbitraire d'Orbán, alors on pourra enfin créer ce qui manquait jusque-là dans l'histoire hongroise : un soutien massif à la République, sa légitimation par une majorité.»
Un nouveau système électoral s'impose
Magyar devrait ouvrir la voie au pluralisme, estime Der Standard :
«Selon les sondages, un grand nombre d'électeurs n'ont pas voté pour lui, mais contre Orbán. Le système clientéliste de ce dernier est profondément ancré et difficile à supprimer. Et le groupe parlementaire de Magyar, constitué de nombreux novices, doit d'abord se consolider. Magyar devrait aussi remettre en question ce système électoral, propice aux majorités, qui avait permis d'abord à Orbán, à lui-même ensuite, d'acquérir une puissance considérable. … A terme, un droit électoral qui permet de remplacer une 'majorité constitutionnelle' par une autre ne sert pas vraiment les intérêts d'un Etat stable et pluraliste.»