Suède : les transports publics à moitié prix
La Suède prévoit de diviser par deux le prix des abonnements de transports publics pendant six mois, à partir du 1er juillet. Cette mesure initiée par l'exécutif de droite sera financée par un budget de 6,5 milliards de couronnes (environ 605 millions d'euros). La ministre de l'Énergie et de l'Économie Ebba Busch a justifié cette démarche en évoquant "l'une des pires crises énergétiques que le monde ait jamais connues".
Mieux vaut des bus à l'heure que moins chers
Il aurait mieux fallu investir l'argent dans les transports publics, estime Expressen :
«Non que ce soit une mauvaise idée d'utiliser plus le bus ou le tram que la voiture, au contraire, ce serait même souhaitable. Mais pour ce faire, il y a une condition sine qua non : que le bus soit à l'heure. La ponctualité et la fréquence des passages sont plus importants que le prix. Les subventions du gouvernement allouées aux trajets en bus n'augmenteront pas le nombre de passagers. Mais elles risquent de faire croître le nombre de promesses visant uniquement à gagner des voix avant les élections.»
Une prise de conscience tardive
Aftonbladet salue ce changement de cap en matière de politique énergétique :
«Après quatre ans au gouvernement, la droite semble avoir enfin compris que les transports publics à prix modérés sont une bonne idée. Ils aident les personnes à faibles revenus. Ils réduisent les émissions. Et ils diminuent la dépendance de la Suède vis-à-vis du pétrole. … Depuis 2022, le gouvernement d'Ulf Kristersson a fait exactement le contraire : il a baissé les taxes sur l'essence et le diesel, supprimé la prime pour l'achat d'une voiture électrique et rendu moins chers les déplacements travail-domicile en voiture, même pour les personnes aisées. Au lieu de développer les transports publics, le gouvernement a accru la dépendance suédoise aux carburants fossiles. Il tente maintenant de changer de cap.»
Vous avez dit social ?
Sur le plan social, cette mesure n'est pas pertinente, juge Sydsvenskan :
«Bien sûr, promouvoir les transports publics est toujours une bonne idée. Mais diviser par deux le prix des abonnements mensuels sous prétexte de la crise d'Ormuz est tout simplement idiot. Ces frais de transport ne sont pas concernés par le blocage du détroit et la plupart des personnes qui bénéficient de ce soutien sont ceux qui pourraient s'en passer. Si tant est que le gouvernement ait véritablement fait des recherches sur ce sujet, force est de constater que d'autres priorités sont en jeu que celle de trouver des moyens pour soutenir des foyers précaires dans une période difficile.»