Que penser de l'accord sur l'Iran ?
Etats-Unis et Iran ont signé une déclaration d'intention pour mettre fin à la guerre. Le président américain, Donald Trump, l'a paraphée au château de Versailles, tandis que son homologue iranien, Massoud Pezechkian, l'aurait fait numériquement, selon le ministère iranien des Affaires étrangères. L'accord prévoit la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, ainsi que la négociation d'autres points – notamment l'avenir du nucléaire iranien – dans les 60 prochains jours.
Un discrédit pour les Etats-Unis
Washington n'a rien obtenu de ce qu'elle avait promis, critique le service bulgare de Deutsche Welle :
«Trump s'est lancé dans cette guerre en promettant de mettre fin au régime de Téhéran, mais aussi aux ambitions nucléaires et au programme balistique de celui-ci. Pourtant, le régime s'est maintenu au pouvoir et semble tout sauf instable. Il en va de même pour le programme de missiles, et les éventuels résultats obtenus sur le nucléaire iranien ne pourront certainement pas être meilleurs que ce qu'Obama avait négocié en 2015. … La réputation des Etats-Unis va donc en prendre pour son grade, le monde entier en subira les conséquences économiques, et le peuple iranien devra subir le joug d'un régime brutal et de plus en plus radical.»
La guerre se solde par un fiasco total
Denník Postoj est lui aussi sceptique :
«Difficile de dire exactement quel est le succès des Etats-Unis et d'Israël dans cette guerre. … Si les Américains chercheront probablement, de leur côté, à enjoliver l'accord et à faire oublier la situation désastreuse, les Israéliens, pour lesquels le conflit est une question existentielle, seront plus critiques. A Tel Aviv, on entend dire que la guerre avec l'Iran s'est soldée par un fiasco, et que la responsabilité échoit à Donald Trump, mais aussi à Benyamin Nétanyahou.»
Israël doit changer de stratégie
Israël ne pourra obtenir la sécurité par des moyens exclusivement militaires, fait valoir Der Standard :
«En dépit de nombreux succès tactiques, l'Etat hébreu ne s'est pas rapproché de son véritable objectif et a causé d'énormes souffrances au Liban. Désormais, Trump s'oppose à la poursuite de cette politique. … Il est temps pour Israël de reconnaître que la puissance militaire seule ne lui permettra pas d'obtenir la sécurité convoitée. Il a besoin d'une diplomatie sérieuse, et d'alliés dans la région qui seraient aussi disponibles – au Liban et dans d'autres Etats arabes. Mais il faudrait pour cela changer aussi de politique vis-à-vis des Palestiniens.»
Quid des droits humains ?
Quelque chose d'essentiel est absent de cet accord, souligne Naftemporiki :
«On n'y trouve pas un seul mot sur les droits humains. Vous rappelez-vous ce que Trump avait affirmé au début de la guerre ? Il avait promis de l'aide aux manifestants, les avait appelés à occuper les bâtiments gouvernementaux, et avait condamné les exécutions répétées de personnes arrêtées pendant les manifestations de janvier. Trump affirme désormais qu'il n'a aucun intérêt à un changement de régime, et qu'il considère les nouveaux mollahs comme 'modérés'.»
Pas de répit pour les consommateurs
Les effets de la guerre se feront ressentir longtemps encore, déplore Le Quotidien :
«Les chaînes d'approvisionnement sont brisées, pas seulement perturbées. Les installations pétrochimiques ont été durement touchées. L'or noir ne s'écoulera pas des pipelines comme avant le début du conflit, il va falloir réparer. Les usines produisant de l'aluminium ont aussi subi les contrecoups des bombardements. … Et ce n'est pas tout, la région du Golfe fournit aussi 30 pour cent des engrais du monde. Le prix de ce qui se trouve dans nos assiettes va aussi continuer à augmenter. … Il n'y a donc bien que Donald Trump pour afficher un large sourire de satisfaction après sa 'brillante' victoire contre l'Iran. Pour nous, ce sera encore pendant quelque temps la soupe à la grimace...»