Roumanie : échec de la formation d'un gouvernement

En Roumanie, la formation d'un nouveau gouvernement a échoué. Le Parlement a rejeté la candidature d'Adrian Veștea, qui avait été proposé au poste de Premier ministre par le président, Nicușor Dan. Le gouvernement libéral du Premier ministre, Ilie Bolojan, avait été renversé fin mai par une motion de censure lancée par le PSD, jusqu'alors membre de la coalition, et le parti d'extrême droite AUR.

Ouvrir/fermer tous les articles
republica.ro (RO) /

La crise est loin d'être surmontée

La population peut se réjouir de l'échec de ce cabinet, juge l'entrepreneur Mihai Răzvan Moraru sur republica.ro :

«Car ce gouvernement était composé de politiques faibles et vulnérables au chantage, qui étaient incapables de diriger le pays en cette période troublée. Il nous aurait menés un peu plus dans le mur, et une majorité formée autour de Veștea aurait bloqué toute réforme – au sein des partis comme dans le pays. … Il y a eu ces jours-ci de nombreuses déceptions, et il y en aura d'autres. Nous sommes en pleine crise politique, et très mal lotis au niveau économique. Il faudra encore du temps avant que nous puissions surmonter cette phase.»

Adevărul (RO) /

Retour à la case départ

Sur Adevărul, l'anthropologue Gabriel Horia Nasra s'interroge sur la suite :

«En raison de la crainte d'élections anticipées, il n'y a que deux options sérieusement envisageables. La première serait un gouvernement minoritaire PSD [social-démocrate], qui soit aussi élu avec les voix du PNL [libéral]. … C'est-à-dire du parti qui vient de tenter d'humilier le PSD et de le mettre sur la touche. La seconde : un gouvernement minoritaire composé du PNL, de l'USR et de l'UDMR, avec un Premier ministre à nouveau issu du PNL et soutenu par le Premier ministre sortant, Ilie Bolojan. … En d'autres termes, après des semaines de trahisons, d'appels téléphoniques et d'intrigues, le résultat est édifiant : on a mis le feu à l'édifice pour se débarrasser de Bolojan, pour mieux l'appeler à venir jouer les pompiers par la suite.»

G4Media.ro (RO) /

Un président en difficulté

Sur G4Media, le journaliste Cristian Pantazi évoque les travers et écueils du président :

«Nicușor Dan a prouvé qu'il n'entendait pas grand-chose à la politique. Les deux candidats qu'il a nommés, Eugen Tomac et Adrian Veștea, étaient dès le départ des options irréalistes. Il n'a pas non plus compris qu'en nommant Veștea sans consulter préalablement la direction du PNL, il s'exposait à un retour de flamme. … Si Dan avait ne serait-ce qu'une once d'instinct de conservation, il se séparerait de ceux qui l'ont conseillé (ou manipulé) jusque-là. Il porte aussi préjudice à sa réputation au niveau international. Les partenaires européens s'étonnent déjà de l'illisibilité de ses actions. Bref, rien ne dit que Nicușor Dan soit encore apte à occuper le poste de chef de l'Etat.»

Krónika (RO) /

Flirt avec l'extrême droite

Le président s'est compromis, critique Krónika :

«Il est évident que Nicușor Dan est le principal perdant des récents soubresauts politiques. Outre ses nombreux faux-pas politiques et son manque déplorable de détermination, le chef de l'Etat a aussi empiété sur les lignes rouges qu'il avait lui-même tracées. Alors qu'il avait affirmé à plusieurs reprises qu'il n'accepterait pas de majorité gouvernementale qui inclurait ou solliciterait l'appui de l'AUR – qu'il juge antioccidental et europhobe –, il a semblé occulté ensuite que sa marionnette [le candidat au poste de Premier ministre, Adrian Veștea] courtisait les faveurs de ce parti d'extrême droite.»