Droit du sol : Trump désavoué par la Cour suprême

Les personnes nées sur le sol américain pourront continuer à obtenir la nationalité américaine. Dès le premier jour de son second mandat, le président Trump avait émis un décret pour contester cette règle. La Cour suprême vient de l'invalider. La presse jauge l'état de la démocratie dans le pays à l'aune de cette décision, parmi d'autres, de sa plus haute instance judiciaire.

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El Mundo (ES) /

Une preuve éclatante de l'indépendance de la justice

El Mundo y voit un signe encourageant :

«La Cour suprême s'est opposée à la tentative de Trump de restreindre le droit du sol et l'a désavoué dans son intention de révoquer une gouverneure de la banque centrale américaine (Fed). Elle lui a même infligé un revers personnel en refusant de réexaminer sa condamnation au civil, qui l'obligeait à indemniser une journaliste. Même si, dans le même temps, la Cour lui a offert une victoire, en accroissant sa capacité à destituer des responsables de certaines agences fédérales. ... Mais en tout état de cause, la Cour a montré qu'elle soutenait le président lorsqu'elle estimait que ses compétences respectaient la constitution, tout comme elle lui barre la route lorsqu'elle considère qu'il tente de les outrepasser. Cette volonté de contrer l'homme le plus puissant du pays est une preuve incontestable d'indépendance.»

El País (ES) /

Trump a toujours les coudées franches

Cette fin de non recevoir n'est qu'un maigre soulagement, écrit El País :

«Il est vrai que lorsqu'elle a eu à choisir entre la littéralité constitutionnelle et les desiderata de Trump, elle a tranché en faveur de la Constitution. Mais pour tout ce qui est plus libre d'interprétation, l'instance a favorisé le trumpisme, notamment en matière d'avortement. Cette même semaine, elle s'est prononcée pour la fin des restrictions des dons de campagne électorale et a décidé que le président pouvait limoger n'importe quel fonctionnaire de son choix travaillant pour une agence fédérale indépendante. La Cour suprême a dessiné une ligne rouge à ne pas franchir pour Trump : celle du texte constitutionnel à prendre au mot. Mais pour tout le reste, il a tout loisir de remanier les Etats-Unis pour qu'ils correspondent à ses fantasmes autoritaires.»

De Volkskrant (NL) /

La démocratie en danger

De Volkskrant appelle de ses vœux des verdicts pus tranchés :

«Alors qu'on fête les 250 ans du pays cette année, il est amer de constater qu'il est dirigé par un personnage aux antipodes de [George] Washington, qui abuse du pouvoir sans aucun état d'âme. … Reste à espérer que la Cour suprême se rende compte à temps que la démocratie peut rapidement être démolie si on laisse au président les coudées franches. ... La décision d'hier est au moins positive : le droit du sol restera intact, et on ne pourra refuser la nationalité aux enfants d'immigrés sans papiers. Espérons qu'elle pave la voie au changement.»