Hongrie : fin des versions papier des quotidiens

Depuis ce lundi, il n'y a plus de version papier des quotidiens politiques en Hongrie. Le journal Magyar Nemzet, proche de l'ex-gouvernement Fidesz, paraîtra dorénavant sous forme d'hebdomadaire. Le quotidien de gauche Népszava cesse lui aussi sa version imprimée. Ces dernières années, Népszava avait fait l'objet de critiques pour avoir accepté de relayer des publicités officielles – publicités dont le journal ne bénéficie plus depuis l'alternance politique.

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Népszava (HU) /

La presse dans l'impasse

C'est un problème parmi d'autres, explique le journaliste István Földesi dans Népszava :

«Au cours des dernières années, le nombre d'abonnés a fondu à une vitesse inquiétante. Le recul général des médias imprimés, l'absence de recettes publicitaires, encaissées dorénavant par des médias en ligne ne produisant pas de contenus, et la non-attribution expresse de publicités officielles ont mené le quotidien dans une impasse économique. Pour couronner le tout, la société Mediaworks – un des reliquats mortels du régime mafieux, qui a survécu aux élections et qui continue à exercer un monopole étouffant sur le marché de l'impression et de la diffusion – a résilié le contrat avec Népszava à effet immédiat, invoquant des impayés importants.»

hvg (HU) /

Une liberté d'action conservée

La crédibilité de Népszava n'a pas été écornée par les publicités officielles, estime Sándor Révész sur hvg :

«Je ne me souviens d'aucune affaire d'importance que Népszava aurait passé sous silence. … Dans une telle situation, la seule option possible est de choisir entre rien et un peu. Soit on s'empare de l'espace dont on dispose, soit on renonce. Lorsque l'espace médiatique des dirigeants est immense et celui de l'opposition minuscule, il ne relève pas seulement de la bêtise, mais d'un crime de renoncer à l'espace qui reste. … Ce crime, les confrères de Népszava n'étaient pas en droit de le commettre. Ceux qui auraient demandé à ce qu'ils le fassent ne sont pas les amis de médias indépendants, mais leurs ennemis.»

444 (HU) /

Une part du système d'Orbán

Le journaliste László Szily ne partage pas cet avis. Pour lui, Népszava n'est pas un quotidien indépendant, comme il l'explique sur le portail 444.hu :

«Depuis au moins 2016, Népszava a fait partie de l'écosystème médiatique du gouvernement, même si ce dernier n'était pas son propriétaire direct. … En lui tenant la bride grâce à des publicités officielles, le gouvernement a financé Népszava. Par l'intermédiaire de ce quotidien d'apparence indépendante, il a tenté de peser sur un lectorat d'opposition pas assez informé. … C'est également la raison pour laquelle il a fini par le lâcher, car il n'avait plus besoin de lui.»