Le Hamas déposera-t-il les armes ?

Le président américain, Donald Trump, a annoncé vendredi que le "Conseil de la paix", instance créée par lui, envisageait un accord pour désarmer l'organisation terroriste du Hamas. Un porte-parole du gouvernement israélien s'est dit sceptique, affirmant qu'il n'y aurait pas de retrait de Tsahal de la bande de Gaza tant que les combattants du Hamas n'auraient pas déposé les armes. La presse fait le point.

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Corriere del Ticino (CH) /

Faire le premier pas

Dans Corriere del Ticino, le chroniqueur Alan Friedman écrit :

«Si cet accord était appliqué, ce serait un résultat important et un succès diplomatique. Le problème réside dans ce petit verbe : 'appliquer'. Israël ne veut pas se retirer avant un désarmement du Hamas ; le Hamas ne veut pas déposer les armes tant qu'Israël n'aura pas fait cesser ses attaques et retiré ses troupes. Chacun attend que l'autre fasse le premier pas.»

Naftemporiki (GR) /

Les promesses de Trump à l'épreuve des réalités

Les desseins de Trump resteront lettre morte, juge Naftemporiki :

«Au vu de l'impasse en Iran, Trump espère relancer le processus dans la bande de Gaza et potentiellement s'assurer des avantages politiques pour les élections de novembre. … Mais la réalité du terrain le contredit. Et pas seulement du fait de la situation difficile à Gaza et de l'action incontrôlée des colons juifs d'extrême droite en Cisjordanie. Même si la campagne électorale en Israël bat son plein, on ne peut réellement s'attendre à des développements majeurs sur la question. A ceci s'ajoute, du reste, le fait que l'autre cessez-le-feu convoité, celui entre Israël et le Hezbollah, a du plomb dans l'aile ; la perspective promise d'un accord de paix définitif avec le Liban reste très lointaine.»

Frankfurter Rundschau (DE) /

La violence rédhibitoire de plusieurs acteurs

Le quotidien Frankfurter Rundschau se dit sceptique :

«Car le Hamas et le Jihad islamique, au moins, ne peuvent exister que par la violence. Et le fait que les militants d'extrême droite en Israël cherchent précisément à imiter de tels groupes illustre toute la tragédie du Proche-Orient. Mais l'Etat hébreu a aussi toujours régulièrement montré qu'il pouvait s'imaginer la paix, du moins a-t-il donné des signes dans ce sens – on peut rappeler Rabin et Arafat. Israël peut très bien se débarrasser de ses propres fauteurs de troubles. Mais 78 ans de Nakba ont créé chez le peuple palestinien un terreau qui favorise facilement la radicalisation. Un accord de cessez-le-feu n'aurait aucune valeur en soi.»

Irish Independent (IE) /

Une manœuvre évidente de diversion

Le Hamas ne déposera pas les armes, croit savoir le journal Irish Independent :

«Depuis sa création, le groupe poursuit l'objectif d'anéantir tous les juifs de la région et d'établir un califat islamiste. … Il est responsable de l'éruption de violence la plus barbare de l'histoire récente – viols, meurtres, mutilations et profanations des cadavres. Il a ensuite poursuivi le combat depuis ses tunnels, sans y laisser entrer les civils, dont il s'est servi comme boucliers humains pour produire des contenus sur les réseaux sociaux. … Il est évident que sa stratégie consiste à jouer la montre, tout en se retranchant toujours plus derrière la population civile à Gaza. Après que l'Iran a fait tourner Trump en bourrique, le Hamas fait désormais la même chose avec lui.»