Hongrie : les 100 premiers jours du gouvernement Magyar

Le gouvernement hongrois du Premier ministre Péter Magyar est en place depuis 100 jours – une période qui s'est avérée mouvementée. Magyar, dont le parti (Tisza) dispose d'une majorité des deux tiers au Parlement, a pris ses fonctions en mai. Il s'est engagé à rétablir l'Etat de droit et la démocratie et à révéler au grand jour la corruption présumée du gouvernement précédent de Viktor Orbán. Les commentateurs du pays font le point.

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Index (HU) /

Sur les traces d'Orbán

Les choses n'ont pas vraiment changé en Hongrie, écrit le politologue Attila Tibor Nagy sur le portail Index :

«L'omniprésence de la figure du 'leader' s'est maintenue dans le système hongrois, à cette différence près qu'aujourd'hui, le leader ne s'appelle plus Viktor Orbán, mais Péter Magyar. Il n'y a toujours pas de gouvernance qui briderait la tendance à la domination d'un seul individu, privilégierait le compromis, inclurait davantage la société et réduirait fortement le pouvoir gouvernemental. Sur le plan intérieur, les 100 jours qui viennent de s'écouler se sont surtout inscrits sous le signe du renforcement du pouvoir du nouveau dirigeant hongrois, et de sa volonté de se mettre en valeur.»

Törökgáborelemez (HU) /

De la fabrique du pouvoir au spectacle médiatique

Péter Magyar privilégie la mise en scène, écrit le politologue Gábor Török sur son blog :

«Parmi les stratégies du gouvernement Orbán, on retrouvait ce que je qualifie de 'fabrique du pouvoir', de 'production du pouvoir'. L'objectif principal consistait à exercer le pouvoir, à le garder et à le reproduire. De son côté, le gouvernement Magyar, en pratique, recherche davantage la 'fabrique médiatique', la 'production médiatique', où tout tourne autour de la mise en scène. … Si le premier tablait sur le pouvoir et la prise de décision, le second privilégie la popularité, la mise en scène et la présence médiatique.»

Portfolio (HU) /

Le budget sera un révélateur

Les véritables intentions du gouvernement se manifesteront dans le premier budget, estime le site Portfolio :

«On pourra se faire une idée des sommes que le gouvernement Magyar compte allouer et à quels secteurs. On pourra voir comment il conçoit le rôle de l'Etat : dans quels domaines il entend assumer davantage de responsabilités, de quels secteurs il préférera se retirer, comment il entend trouver un nouvel équilibre budgétaire, quel sera le prix à payer et qui en assumera les coûts. Les mois de l'automne seront ainsi ceux qui permettront de dire si le gouvernement Tisza entend réagencer complètement l'Etat, ou simplement tenter de le gérer de manière plus efficace.»