La Roumanie privée de millions de subventions européennes
Pour bénéficier des fonds européens pour la relance, la Roumanie aurait dû adopter ou modifier un certain nombre de lois avant fin août. Notamment celle l'engageant à sortir progressivement du charbon. Le pays de l'UE qui souffre du plus gros déficit budgétaire se trouve ainsi privé de 870 millions d'euros d'aides européennes. Levée de bouclier dans les médias nationaux.
L'Etat victime de sa propre incompétence
Dans Adevărul, le fondateur du Centre pour les innovations technologiques Inventikus, Cătălin Buciumeanu, réprouve l'incurie de l'Etat :
«Ce n'est pas un hasard si la Commission européenne, dans son rapport de 2026 sur les pays membres, a signalé les retards répétés de la Roumanie dans la mise en œuvre des grands programmes européens, notamment du fonds européen de relance. Elle fait état d'un 'symptôme représentatif' du manque de souplesse et d'efficacité des administrations roumaines dans la planification, l'organisation et la réalisation de projets complexes. C'est la quintessence du message qui nous est adressé. La Roumanie ne perd pas de l'argent parce que Bruxelles nous serait hostile. Elle perd de l'argent parce que l'Etat roumain n'est pas capable de mettre en œuvre en temps voulu ce que ses gouvernements successifs ont pourtant eux-mêmes négocié et signé.»
Le retour de balancier de l'inaction
Le gouvernement est lui-même responsable du problème, pointe Maszol :
«Une question se pose : pourquoi le gouvernement roumain a-t-il fait en sorte que la transparence et l'équité dans les salaires de la fonction publique fassent partie des conditions d'octroi des aides ? Et pourquoi avoir repoussé jusqu'au dernier moment une réforme alors qu'il avait pourtant décidée ?! ... Si le gouvernement négocie mal ses propres obligations et manque à les honorer dans les délais impartis, il ne peut plus en rejeter la responsabilité sur autrui. ... Ce genre de gouvernance politique digne des Balkans a son prix. C'est le retour de balancier de l'inaction, du manque de compétence, des fraudes mesquines et des atermoiements.»
Enfin tranquilles
Sur republica.ro, Cristian Păun, spécialiste de l'économie, parodie l'attitude des députés qui ont galvaudé la possibilité de bénéficier d'aides :
«Les fonds européens nous ont presque toujours causé des ennuis. Que de tracas ! Sans parler des réformes. Elles aussi nous ont presque toujours valu des déboires, à y réfléchir. Nous ne nous sommes pas non plus vraiment démenés pour les mettre en application. Cela ferait bien trop de remous. Du reste, le peuple ne veut ni réformes, ni remous. ... Il vote toujours pour ceux qui sabotent tout. Ces histoires de fonds de relance de l'Union européenne sont une page tournée, bon débarras. Fini les réformes ! Fini le progrès ! Nous avons enfin la paix !»