Qu’ont obtenu les médiateurs américains à Moscou et à Kyiv ?
Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré le président russe Vladimir Poutine à Moscou, puis le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kyiv, afin de discuter des moyens de mettre fin à la guerre. A l'issue de ces entretiens, Witkoff a appelé les deux camps à faire des compromis. Zelensky a indiqué que les discussions avaient porté sur des garanties de sécurité et des garanties économiques pour l'Ukraine. Moscou a qualifié les échanges de "très francs" et de "constructifs".
La dernière tentative de Poutine avec Trump
Les espoirs de Poutine placés en Trump ont jusqu'ici été déçus, écrit Gazeta Wyborcza :
«Poutine et son entourage espéraient que Trump ferait à leur place ce qu'ils ne parviennent pas à accomplir eux-mêmes sur le front : contraindre les Ukrainiens à céder aux Russes ce que ces derniers exigent, mais qu'ils sont incapables de conquérir malgré de lourdes pertes. ... C'était l'objectif qu'ils poursuivaient lors du sommet d'Anchorage, en août 2025. Mais cela n'a pas fonctionné. ... La 'date de péremption' de Trump approche. Il est fort probable que les Républicains essuieront une défaite le 3 novembre [aux élections de mi-mandat] et qu'il aura alors les mains liées par un Congrès qui lui est hostile. ... Si le Kremlin veut encore tirer quelque avantage de Trump, il doit le faire maintenant.»
Aucune issue sans concessions de Zelensky
Dans un post Telegram repris par Echo, le journaliste Fiodor Kracheninnikov estime que tout dépendra du président ukrainien :
«Je suis de tout cœur favorable à ce que la guerre prenne fin le plus rapidement possible, mais en septembre 2026, cela n'est possible qu'à une seule condition : si les émissaires de Trump parviennent à convaincre Zelensky d'accepter les exigences humiliantes et injustes de Poutine. Si le président ukrainien ne peut s'y résoudre, cette rencontre ne donnera lieu qu'à de vaines discussions. A ceux qui aiment tirer des conclusions hâtives sur ma position et me demandent : 'Et que proposez-vous ?', je réponds que je n'ai rien à proposer. Je dis simplement que la guerre continuera et qu'il n'existe aucune alternative si Zelensky ne se montre pas prêt à faire des concessions.»
La Russie veut supprimer l’État ukrainien
Toutes les exigences de la Russie remettent en cause l'existence même de l'Ukraine, ce qui rend des concessions ukrainiennes pratiquement impossibles, estime le journaliste Vitaly Portnykov sur TSN :
«La Russie a un objectif clair : supprimer l'Etat ukrainien et faire fuir une grande partie de la population des territoires où elle vit. ... Elle ne fera aucun compromis avec un peuple dont elle entend faire disparaître l'Etat. C'est pourquoi, depuis 2014, l'Ukraine n'a eu d'autre choix que de résister. Elle n'a toujours pas d'autre alternative en 2026 et n'en aura pas davantage à l'avenir. ... Il en va ni plus ni moins du droit de l'Ukraine et des Ukrainiens à une existence indépendante.»