Italie : Giorgia Meloni pulvérise les records
Giorgia Meloni est à la tête de l'Italie depuis près de quatre ans : aucun gouvernement n'avait duré aussi longtemps en 80 ans de République italienne. A son élection, on craignait fortement que l'ancrage néofasciste de son parti Fratelli d'Italia ait des répercussions négatives sur l'action du gouvernement et sur la place de l'Italie en Europe. Les commentateurs font le point.
Pro-europénne et pragmatique
El Mundo salue l'action de la Première ministre :
«Alors qu'il y a quatre ans, Giorgia Meloni est arrivée au pouvoir à la tête d'une formation d'extrême droite et en entonnant un discours populiste, elle a réussi à s'établir en tant que politique européiste et pragmatique, capable de donner à l'Italie une stabilité hors du commun. En place en tant que Première ministre depuis 1413 jours, elle confère à son gouvernement le mandat le plus long de l'histoire de la République italienne. ... La flexibilité dont elle a su faire preuve pour dissiper les craintes initiales et maintenir la cohésion d'un gouvernement de coalition à trois partis de sensibilités distinctes montre quelle peut être la voie empruntée par la droite dure en Europe. ... L'Italie de Meloni est devenue un pays de poids dans l'UE, pionnier des débats cruciaux sur l'immigration.»
Un exemple à suivre
The Spectator fait lui aussi un bilan élogieux :
«Elle a apporté la stabilité dans un pays qui est l'archétype de l'instabilité. Les marchés mondiaux considèrent désormais l'économie italienne comme plus stable que celles de la France ou de la Grande-Bretagne. Il s'agit d'un revirement historique quand on pense qu'en 2011, au plus fort de la crise de l'Euro, les taux d'intérêt des obligations italiennes ont explosé, menaçant la survie même de l'Euro. … Son parti, Fratelli d'Italia, reste largement en tête des sondages, avec une popularité plus importante que lors des dernières élections législatives de 2022. … Un tournant inédit dans une démocratie occidentale pour un parti au pouvoir.»
Trop de compromis pour des réformes trop timides
La journaliste Maria Spiliopoulou écrit dans Eleftheros Typos :
«Ses détracteurs lui reprochent de ne pas avoir engagé de réformes courageuses pour remédier aux dysfonctionnements de l'administration publique, des systèmes de santé et d'éducation, et pour stimuler la productivité en berne. Roberto Vannacci [fondateur du parti d'extrême droite Futuro Nazionale], qui fait dévisser l'avance du camp gouvernemental avec les 7,5 pour cent que lui créditent les sondages, affirme qu'elle a fait trop de compromis au nom de la stabilité politique.»