Xi Jinping à la Maison Blanche : vers un rapprochement ?

Ce vendredi marque la fin de la visite officielle du président chinois Xi Jinping à Washington, orchestrée avec faste par Donald Trump. Les deux homologues ont insisté sur leur "amitié" et les "progrès" accomplis dans leurs relations. Le gouvernement américain avait déjà annoncé une prolongation de deux mois de la suspension des droits de douane prononcés dans le cadre du litige commercial entre les deux pays – et Xi a promis de donner deux pandas au zoo d'Atlanta. Les médias européens dressent le bilan de ce sommet.

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Radio Kommersant FM (RU) /

On maintient le statu quo de la 'paix froide'

Pour Radio Kommersant FM, cette rencontre a pour principal objectif d'éviter l'escalade :

«Xi Jinping n'a pas entrepris ce voyage pour diviser le monde mais pour tenter d'éviter une nouvelle crise de Cuba. ... Trump le considère comme un adversaire à prendre au sérieux, voire presque comme son égal. Bien que chacun poursuive ses intérêts, qui sont loin de converger sur toute la ligne, chacune des deux parties montre clairement qu'elle ne souhaite pas la confrontation. En d'autres termes, le principal résultat de cette rencontre n'est autre que le maintien du statu quo, de ce qu'on pourrait appeler la 'paix froide', afin que cette dernière ne vire pas au conflit enflammé. Et il semble que cela réussisse, jusqu'à présent.»

Delo (SI) /

Garantir la stabilité sans résoudre les problèmes

Delo ne voit aucun résultat positif :

«Xi a à nouveau parlé en long et en large du projet de stabilité stratégique devant être poursuivi par les deux grandes puissances. Voilà qui ne résout aucun problème. Depuis sa rencontre avec Trump en mai à Pékin, la crise en Ukraine n'a pas avancé d'un pouce. Il en est de même pour l'Iran et pour tous les conflits figurant sur la longue liste des foyers de crise. Cette fois encore, les deux dirigeants ne se sont pas rencontrés pour résoudre des conflits dangereux mais avant tout pour empêcher l'un ou l'autre de mettre de l'huile sur le feu de tel ou tel conflit.»

The Economist (GB) /

Des poignées de main sans véritables accords

Ces entretiens visent davantage la forme que le fond, observe The Economist :

«Il apparaît que l'aspect le plus manifeste de la relation entre Mr Trump et Mr Xi soit davantage la fréquence de leurs entrevues que la substance des accords conclus. ... Il se pourrait que les chefs d'Etat cumulent quatre rencontres en 2026. La perspective de chaque nouvelle rencontre est pour les deux parties une incitation à préserver des relations d'égal à égal. Les Etats-Unis ont décidé de repousser une vente d'armes de 14 milliards de dollars destinée à Taiwan afin de ne pas compromettre la visite de Xi. ... La multiplication de ces sommets pourrait remettre la livraison aux calendes grecques.»

Corriere del Ticino (CH) /

L'un est personnel, l'autre pragmatique

Corriere del Ticino voit deux approches radicalement différentes dans l'attitude des deux dirigeants :

«Donald Trump a tout misé sur la relation personnelle qu'il entretient avec Xi, sans se préoccuper de la sidération des MAGA ni du malaise manifeste exprimé par de nombreux Républicains au Congrès devant l'accueil triomphal réservé au chef du Parti communiste chinois (PCC). Xi Jinping, de son côté, a déployé une argumentation purement politique en expliquant que ce qui importait n'était pas telle ou telle personnalité, appelée à passer le relais, mais les 'peuples et les Etats', dont les 'intérêts' sont selon lui 'étroitement liés'.»

La Vanguardia (ES) /

Un face à face qui compromet la collégialité

La Vanguardia alerte sur le fait que le format bilatéral supplante le dialogue international :

«La rencontre entre Donald Trump und Xi Jinping constitue le paroxysme de toute une série d'entretiens en marge de l'assemblée générale de l'ONU à New York. ... La rencontre montre que la diplomatie bilatérale gagne du terrain par rapport aux plateformes et aux instances où le dialogue international avait l'habitude d'avoir lieu. ... Les grands conflits bilatéraux restent en suspens pendant que les deux leaders insistent sur la forme pour stabiliser des liens fragiles. Une symbolique forte, des éloges mutuels pour des avancées qui laissent à désirer.»