France : Bardella accusé d'antisémitisme
Jordan Bardella, le président du parti d'extrême droite Rassemblement National (RN), est accusé d'avoir écrit des propos condamnables dans sa jeunesse : selon les informations du site d'investigation Mediapart, il aurait fait preuve d'un ''antisémitisme obsessionnel" dans des conversations privées entre 2013 et 2015. La figure montante du RN dément ces révélations et entend poursuivre le journal en justice.
Un conflit interne
Ces révélations montrent l'ampleur des tensions à l'intérieur du parti, explique le chroniqueur Jonathan Bouchet-Petersen dans Libération :
«En interne, les couteaux sont tirés entre l'entourage de Marine Le Pen, qui a repris la main depuis qu'elle est officiellement candidate, et celui de Jordan Bardella, frustré d'avoir vu les ambitions présidentielles de son champion entravées par le clan familial. Comme si le contrat de confiance était sérieusement ébréché entre la patronne et son poulain. Ce qui est certain, c'est que si les révélations de Mediapart sont étayées dans les jours à venir par des documents incontestables (et c'est l'hypothèse la plus probable), Marine Le Pen n'aura d'autre choix que d'évincer celui dont elle a longtemps envisagé de faire son Premier ministre en 2027. C'est probablement l'objectif de ceux qui ont alimenté Mediapart.»
Ce qui est dans le passé devrait peu nous importer
La rédactrice en chef du portail Causeur, Elisabeth Lévy, trouve que Mediapart en fait trop :
«Il n'est pas sûr que ce cirque antifasciste prenne dans le pays. Pour la plupart des gens, et peut-être pour pas mal de juifs, l'important, c'est ce que disent et font les politiques aujourd'hui, pas les idioties qu'ils disaient ou pensaient peut-être hier. Les saillies crypto-antisémites des Insoumis d'aujourd'hui qui sont pour beaucoup un permis de haïr les juifs, sont bien plus dangereuses que – pardonnez-moi – les éventuelles conneries de jeunesse.»