Conseil de l'Arctique : les Etats-Unis bousculent la Russie et la Chine

Lors de la rencontre du Conseil de l'Arctique, qui a réuni les huit Etats de la région Arctique en début de semaine, le ministre américain des Affaires étrangères Mike Pompeo a attaqué la Russie, lui prêtant des visées hégémoniques et une volonté de militariser la région polaire. Il a également fustigé la Chine et "l'agressivité de son influence stratégique". Que penser des critiques émises par Washington ?

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Ria Novosti (RU) /

Pas de dérogation au droit international pour le pôle Nord

Ria Novosti souligne la mauvaise foi des Etats-Unis sur ce dossier :

«Pompeo a expliqué ce qui chagrinait la diplomatie américaine sur le mode de la plainte : il accuse Moscou 'd'exiger indûment que des pays tiers soient obligés de demander à la Russie l'autorisation d'emprunter un itinéraire traversant l'océan Arctique'. Or Moscou fait tout simplement valoir ses droits, et les règles qu'elle énonce sont en stricte conformité avec le droit international. On observe que dans la pratique, pour nos adversaires outre-Atlantique, la notion de droit international n'existe que dans la mesure où ils peuvent l'instrumentaliser pour faire pression sur les adversaires de Washington. Mais jamais quand son application entraînerait une restriction des intérêts des Etats-Unis.»

Ilta-Sanomat (FI) /

L'Arctique en pleine militarisation

Ilta-Sanomat souligne les risques d'une alliance entre la Russie et la Chine dans l'Arctique :

«La Russie a l'avantage géographique de taille de posséder la côte de l'océan Arctique. Son immense superficie est desservie par la mer, et le changement climatique ouvre de nouvelles voies maritimes, que la Russie peut contrôler grâce à sa position. La Chine ne pourra jamais intervenir dans ces eaux sans l'aval de la Russie. Mais pourquoi les Etats-Unis font-ils tout pour que deux adversaires fassent cause commune ? La question se pose. La Chine est riche et dispose de nouvelles technologies. La Russie est une puissance militaire. Les Etats-Unis auraient intérêt à ce que les intérêts de ses deux principaux concurrents soient le plus divergents possible. S'il y avait consensus par le passé contre une militarisation de l'Arctique, il semblerait que la tendance actuelle soit radicalement différente.»