La plupart des pays européens ayant instauré des mesures de confinement pour lutter contre l'épidémie de Covid-19 ont décidé de prolonger ces mesures jusqu'à Pâques, voire au-delà. Mais de l'avis des experts et de nombreux observateurs, le confinement, sous une forme plus ou moins stricte, pourrait durer bien plus longtemps. Comment relever ce défi ?

Une semaine de congés payés pour le pays entier, des aides aux plus défavorisés et à l'économie ainsi qu'un report du référendum sur la Constitution prévu pour le 22 avril : telles étaient les mesures visant à limiter la propagation du Covid-19 en Russie annoncées par le président Poutine dans une allocution télévisée le 25 mars. Depuis, il n'a plus fait d'apparition publique. La presse se demande pourquoi.

La loi 'bouclier anticrise' adoptée le week-end dernier par le PiS, parti au pouvoir en Pologne, a notamment une incidence sur les présidentielles prévues en mai dans le pays : elle autorise tous les citoyens de plus de 60 ans à voter par correspondance. Les détracteurs du PiS lui reprochent une manœuvre pour s'assurer la victoire, sachant que le parti est populaire auprès des personnes âgées. La presse condamne cette loi et appelle l'opposition à jouer son rôle.

Il y a deux mois seulement, le premier cas de coronavirus était détecté en Europe. Aujourd'hui, la pandémie domine le quotidien et impacte de plus en plus l'économie. Les Etats évoquent l'émission d'obligations européennes et d'autres mesures de soutien. En période de crise, le marché ne peut s'autoréguler, estiment certains éditorialistes ; d'autres fustigent le protectionnisme et escomptent même un effet bénéfique de la crise.

La crise du coronavirus ébranle également la politique internationale. Dans certaines zones de conflit, les belligérants se retrouvent subitement confrontés à la même menace et des alliances de longue date sont remises en cause. Ces chamboulements peuvent-ils s'inscrire dans la durée ?

Les situations critiques sont aussi l'occasion de remettre question nos convictions d'hier et de tirer des enseignements pour l'avenir, aussi bien aux niveaux collectif que personnel. La pandémie peut permettre une prise de conscience, estiment les chroniqueurs.

Si la fermeture des frontières aurait dû faire les affaires des populistes européens, ceux-ci ont néanmoins du mal à faire entendre leurs voix depuis le début de la crise du coronavirus. Les médias se demandent si une tendance est en train de se dessiner.

Le bilan provisoire de l'épidémie est terrible aux Etats-Unis : le Covid-19 y a fait plus de 2 400 morts et plus de 140 000 personnes sont malades. Le président, Donald Trump, qui avait récemment envisagé de lever les mesures d'endiguement de la pandémie telles que la distanciation sociale, les a prolongées jusqu'au 30 avril. Le pays est fort mal préparé à une crise d'une telle ampleur, jugent les éditorialistes.

Les mesures de confinement adoptées dans de nombreux pays européens ont pour but affiché de ralentir la propagation du virus. En effet, si trop de personnes tombent malades en même temps, les capacités des hôpitaux sont dépassées, même en cas de préparation optimale. Or les systèmes de santé de la plupart des Etats sont loin d'être opérationnels, comme le constatent avec amertume les commentateurs.

Le président américain, Donald Trump, mais aussi un certain nombre de politiques et de scientifiques européens réfléchissent tout haut à une sortie des restrictions visant à contenir la propagation du Covid-19 et appellent à l'adoption de stratégies en ce sens. Pâques est souvent envisagée comme date charnière pour un premier assouplissement. Les commentateurs redoutent les effets d'une levée prématurée des mesures de restriction.

Les ministres des Affaires européennes des différents Etats de l'UE ont donné leur accord mardi, par visioconférence, à l'ouverture des négociations d'adhésion à l'UE de la Macédoine du Nord et de l'Albanie. La France, qui était l'un des pays à s'être opposé à cette décision en octobre, a fini par céder, suite à la réforme du processus d'adhésion. La décision ne réjouit pas tous les éditorialistes.

Les pays qui tablent sur le sens civique de la population plutôt que sur des mesures coercitives pour gérer la crise sanitaire actuelle sont minoritaires en Europe. La plupart des Etat ont en effet adopté un confinement - plus ou moins strict -, et, dans de nombreux cas, ont décrété l'état d'urgence. Les commentateurs soulignent le risque de court-circuitage de l'Etat de droit.

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