Tchéquie : la nomination d'un ministre d'extrême droite rejetée

Pressenti pour prendre la tête du ministère tchèque de l'Environnement, Filip Turek, du Parti motoriste (extrême droite), n'entrera pas au gouvernement, en raison de propos racistes, sexistes et homophobes. Le président, Petr Pavel, a rejeté cette nomination, lundi, à Prague, lors d'un repas du Nouvel An avec le Premier ministre, Andrej Babiš.

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Denik N (CZ) /

Indigne de rejoindre le gouvernement

Le président vient d'envoyer un message clair à la nation, estime Deník N :

«Un individu qui menace d'incinérer ses opposants dans des fours, qui fait régulièrement le salut hitlérien, qui se qualifie lui-même de 'leader', qui considère l'exécution d'innocents comme un 'acte de nettoyage', et qui donne les noms de ceux qu'il mettrait derrière les barreaux ou pendrait, ne peut être le ministre d'un pays démocratique. ... Le Premier ministre, responsable de la nomination des ministre, n'ayant pas voulu empêcher celle de Turek, le président l'a dès lors fait pour lui.»

Hospodářské noviny (CZ) /

Contraint au louvoiement

Hospodářské noviny évoque la posture ambivalente que Babiš a observé pendant des semaines sur la question de Turek :

«Cela illustre surtout la faiblesse du Premier ministre. … Babiš, qui est visiblement embarrassé par l'affaire Turek, n'a pas le courage de mettre de l'ordre dans le gouvernement. … La raison est pourtant claire si l'on veut bien la voir : il a besoin de l'assentiment du Parti motoriste pour assurer sa propre immunité pénale [et de celui du troisième parti de la coalition, la formation d'extrême droite SPD]. … Il faut donc en conclure que la politique tchèque est fortement déterminée par la peur du Premier ministre d'être condamné pour fraude.»