Qu'attendre du Forum économique mondial de Davos ?

Le Forum économique mondial de Davos, où se réunissent les représentants de l'économie, de la politique et de la recherche, se tiendra jusqu'à vendredi, avec pour mot d'ordre cette année "L'esprit du dialogue". L'intervention du président américain, Donald Trump, ce mercredi, sera suivie avec attention. Avant sa venue, celui-ci a affirmé qu'une solution "très heureuse" pour l'OTAN et les Etats-Unis serait trouvée sur la question du Groenland.

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Latvijas Avīze (LV) /

Désamorcer la bombe Trump

Latvijas Avīze évoque les objectifs de l'Europe à Davos :

«De manière totalement inattendue, il s'avère que les dirigeants européens ne sont pas amenés à se préoccuper des moyens de se protéger de la Russie et d'améliorer le monde, mais de trouver la parade aux ambitions absurdes de Trump et à ses menaces de guerre économique. Désamorcer la 'bombe Trump' est désormais l'objectif principal des politiques et diplomates européens à Davos. On sait, de manière officieuse, que les Européens s'entretiennent avec les grandes entreprises américaines susceptibles de pâtir de leurs mesures de rétorsion. L'objectif est d'inciter leurs patrons à trouver des moyens d'influer sur Trump et son entourage.»

Corriere del Ticino (CH) /

Ce devrait être un lieu de dialogue

Il est déplorable que Trump se serve de Davos comme d'une tribune personnelle, écrit Corriere del Ticino :

«S'il y a une chose que le forum de Davos devrait incarner, eh bien c'est le dialogue entre les partenaires stratégiques. Mais cette année, Davos sera un lieu de mise en scène de la stratégie des droits de douane comme instrument de chantage international, aux dépens de la coopération la plus noble. Les tensions entre l'Europe et les Etats-Unis s'expriment par le biais de droits de douane et de contre-mesures commerciales, et Trump se rend à Davos dans l'intention de faire valoir son hégémonie internationale, sous la bannière 'America First'.»

Corriere della Sera (IT) /

Le négociateur russe plus à l'aise que Zelensky

L'Ukraine sera marginalisée cette année à Davos, déplore Corriere della Sera :

«Zelensky hésite à venir, car il redoute un dénigrement de sa personne et de son pays, qui résiste depuis quatre ans à une agression brutale. A la place, l'agresseur fait son retour après quatre ans : Kirill Dmitriev, un produit de Harvard, Goldman Sachs et McKinsey, aujourd'hui négociateur pour Poutine, est apparu mardi dans les neiges helvétiques, ironisant sur 'l'effondrement du mondialisme'. Dans le Davos actuel, dominé par la personnalité atypique de Trump, il se sent sûrement plus à l'aise que le président ukrainien.»

Le Temps (CH) /

Un sommet capable d'améliorer l'état du monde

Il faut saisir toutes les opportunités offertes par cet évènement, fait valoir Madeleine von Holzen, rédactrice en chef du journal Le Temps :

«[L]e WEF et la Suisse ont une carte à jouer. … Des décisions à prendre, à préparer. Investir aux Etats-Unis ou pas ? Chercher des débouchés ailleurs ? S'allier avec des pays par intérêt stratégique ? Utiliser tous les moyens du droit pour se battre ? … Alors que s'ouvre cette conférence unique au monde, nous formulons une demande : Mesdames et Messieurs, élus, nommés, dirigeants politiques et économiques, utilisez donc cette plateforme ! Pour contribuer à améliorer l'état du monde, et faire de Davos un succès, véritablement. Même si l'exercice paraît plus périlleux que jamais.»

Jornal de Notícias (PT) /

La politique climatique reléguée au second plan

Davos ne s'intéresse pas aux thématiques mondiales les plus incontournables, déplore quant à lui Jornal de Notícias :

«Avec 'L'esprit du dialogue', le Forum économique mondiale, sorte de remise des oscars aux politiques, lobbyistes et magnats les plus influents, se penche sur l'avenir de notre monde, mais la santé du globe n'est pas au centre des réflexions. Au lieu de cela, on se focalise sur les guerres qui se multiplient comme des champignons. Il est curieux de constater que les considérations environnementales se font voler la vedette par les armes. … Si notre monde n'est pas composé de monstres gélatineux ou d'ados aux pouvoirs spéciaux comme dans 'Stranger Things', l'avenir qu'il nous réserve n'est pas moins anxiogène que la série.»

Corriere del Ticino (CH) /

Plutôt un "Forum géopolitique mondial"

Davos a considérablement élargi son périmètre d'action, juge Corriere del Ticino :

«Peut-être serait-il plus justifié de qualifier dorénavant cette rencontre de 'Forum géopolitique mondial'. Une part non négligeable de ses travaux restant axée sur l'économie, il continue à porter le nom de Forum économique mondial, même si son périmètre d'action s'est nettement élargi avec le temps. Les questions géopolitiques et, dans de nombreux cas, purement politiques, prennent de plus en plus de place à la rencontre annuelle de Davos. … Un nouvel élément s'ajoute cette année : la venue de Donald Trump, flanqué d'une grosse délégation américaine.»

The Guardian (GB) /

Omerta sur la véritable origine de nos maux

Les élites politiques et économiques refusent d'ouvrir un débat honnête sur le système économique, déplore la philosophe Ingrid Robeyns dans The Guardian :

«Tout indique, une fois de plus, que lors du sommet, la terrible menace que fait planer le capitalisme néolibéral sur l'humanité et la planète ne sera pas évoqué. La transition d'économies mixtes façonnées par la social-démocratie vers le capitalisme néolibéral a entraîné une concentration massive des richesses au sommet, qui sape désormais nos démocraties – et les détruit même dans certains cas. L'absence de débat viable dans les cercles de l'élite sur le capitalisme néolibéral est illogique, car celui-ci est la cause principale des autres problèmes qui seront débattus à Davos.»

La Repubblica (IT) /

Une colonie américaine

Davos sera dominé cette année par Trump et son agenda, souligne La Repubblica :

«Le Forum de Davos, le sommet des élites mondiales et mondialistes, du multilatéralisme et du dialogue, a des allures de colonie américaine cette année. Ou plutôt, d'une colonie de 'l'empire MAGA'. Le programme tourne entièrement autour de Trump. …Qu'il s'agisse de l'agenda officiel, dans lequel les questions plus 'woke', comme la lutte contre le changement climatique – typiques d'un forum toujours politiquement correct – sont nettement moins visibles, ou de l'agenda parallèle, la véritable attraction, qui prévoit des annonces sur Gaza et des rencontres sur l'Ukraine avec Zelensky et les dirigeants européens.»