France : le Premier ministre fait passer le budget sans vote
En France, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclenché l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2026 sans vote à l'Assemblée nationale. Lecornu a justifié son recours à cet article en faisant valoir que la situation était bloquée. "La France a besoin d'un budget", a-t-il souligné. Le parti de gauche radicale LFI et celui d'extrême droite RN ont aussitôt déposé des motions de censure.
Aucune recherche de compromis
Le gouvernement français est plus préoccupé par son pouvoir que par le pays, observe Le Quotidien :
«Il semble que les politiciens français restent dans leur bulle, en luttant pour prendre le pouvoir en écrasant les autres. Impossible pour eux de s'entendre et de fabriquer ces fameuses coalitions qui sont tellement nombreuses dans les pays qui les entourent. Le pays et ses habitants ne valent apparemment pas quelques concessions pour avancer et changer les choses, et surtout réformer une nation qui vit sur une dette de plus en plus colossale.»
Les jeunes trinquent
Dans Le Figaro, l'économiste Olivier Babeau esquisse une vision sombre de l'avenir :
«Pourquoi ce contresens persiste-t-il ? Parce qu'il est politiquement rationnel en dépit d'être économiquement suicidaire. Les gagnants des transferts sociaux sont organisés, nombreux et électoralement disciplinés. Les perdants (jeunes, actifs, investisseurs, entreprises) sont dispersés et rarement alignés. Dans cette configuration, la croissance n'a pas de coalition. La rente, si. Reste la facture. Les jeunes paieront trois fois : par l'impôt, par la perte de prospérité immédiate qui comprime les salaires et par le rétrécissement des perspectives futures. Les entreprises investiront moins, donc produiront moins, donc paieront moins d'impôt demain. L'Etat s'endettera davantage.»