Journée des femmes 2026 : où en sommes-nous ?

Dans de nombreuses villes dans le monde, des personnes ont manifesté pour réclamer plus d'égalité. Les éditorialistes font le point sur l'avancement en matière de parité entre les hommes et les femmes.

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El País (ES) /

L'IA renforce les stéréotypes de genre

Dans El País, l'experte en communication Luisa García pointe un problème de l'intelligence artificielle :

«L'IA ne répond pas seulement à des situations spécifiques, elle forge des imaginaires. Elle génère des messages genrés et influe sur la construction de l'identité chez les jeunes. Elle s'adresse aux filles sur un registre plus émotionnel, plus empathique, ce qui renforce in fine un récit de vulnérabilité. … Pour les garçons, en revanche, les attendus d'autonomie et de contrôle perdurent, comme si montrer ses sentiments serait incompatible avec la virilité. … Pour éviter que les préjugés se maintiennent, l'IA doit obligatoirement être accompagnée d'une éducation critique approfondie. … C'est seulement en intervenant immédiatement dans le processus de conception que l'on peut assurer que le code cesse de perpétuer nos préjugés.»

Frankfurter Rundschau (DE) /

Aussi une façon de sauver le monde

Le féminisme ne doit pas seulement viser l'égalité hommes-femmes, juge Frankfurter Rundschau :

«L'objectif doit être beaucoup plus simple et d'autant plus radical : une vie en liberté pour toutes et pour tous. Sans oppression, exploitation et violences, que ce soit par des Etats, des entreprises ou d'autres êtres humains. On assiste aujourd'hui en maints endroits à une renaissance de l'antiféminisme sur fond d'autoritarisme, ce qui montre que pour les dirigeants autoritaires, le féminisme représente une menace pour leurs visées hégémoniques. Or tel est aussi le but. Le féminisme, au fond, n'est rien de moins que la tentative de sauver le monde.»

Ekho (RU) /

Les femmes au pouvoir !

Portant un regard rétrospectif sur la révolution russe de 1917, l'écrivain Boris Akounine rappelle dans un post Telegram relayé par Ekho les origines de la Journée des droits des femmes :

«La révolution avait débuté le 8 mars (le 23 février selon l'ancien calendrier) à Petrograd, par une manifestation d'ouvrières. … Des hommes les ont rejointes plus tard. … Pendant des mois, la Russie avait été le pays le plus libre du monde. Cela paraît étrange aujourd'hui : si la révolution avait été initiée par des femmes, le gouvernement ensuite mis en place était exclusivement composé d'hommes. Et ceux-ci n'ont pas réussi à diriger le pays. La prochaine fois, faisons l'inverse. Laissons les hommes débuter, puis composons un gouvernement de femmes. Celles-ci sauront peut-être mieux s'y prendre.»