Crise gouvernementale au Royaume-Uni : quelle issue ?
Après la démission de deux collaborateurs proches, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, est sous pression. Plusieurs membres du gouvernement lui ont toutefois apporté leur soutien. A l'origine de la crise, la mention de Peter Mandelson, ex-ambassadeur britannique à Washington, dans les "Epstein files", qui est soupçonné d'avoir transmis des informations confidentielles au pédocriminel Jeffrey Epstein.
Pas de succession viable
Tvnet évoque la suite possible des évènements au Royaume-Uni :
«Ce qui joue en faveur de Starmer, c'est qu'il n'existe pas de plan de succession clair et fiable au sein du parti : les successeurs potentiels ne sont pas épargnés, ou ont eux-mêmes d'autres casseroles. Certains députés pourraient dès lors jouer la montre jusqu'au mois de mai [date des élections municipales], dans l'espoir que la crise se dissipe d'elle-même ou que la responsabilité soit rejetée sur des membres de l'équipe de Starmer. Or toute nouvelle publication de documents menace de détruire cet espoir. … Les conservateurs, comme l'extrême droite, se frottent les mains.»
Le Labour doit se focaliser sur son programme
Avec la crise gouvernementale provoquée par les dossiers Epstein, le Labour doit garder en tête ses priorités, juge The Spectator :
«Le Labour devrait lancer des attaques ciblées sur les conservateurs qui promeuvent la politique de 'remigration', qui était jadis l'apanage du [parti d'extrême droite] National Front. Il devrait réitérer son engagement pour une énergie plus propre et les emplois qui en découlent, et rappeler à l'opinion publique qu'il n'y a pas si longtemps, une majorité de l'extrême droite niait l'existence du réchauffement climatique mondial provoqué par l'homme. Sur le plan du Brexit, le Labour devrait enfin envisager de dire la vérité sur les dégâts causés par la sortie du pays de l'UE.»
Irremplaçable pour l'instant
Remplacer Keir Starmer n'est pas non plus une solution, estime le quotidien taz :
«La majorité des Britanniques le désire. Mais après l'autodestruction des tories, souhaitent-ils vraiment l'autodestruction des travaillistes, qui ouvrirait la voie à Nigel Farage, et ne ferait que multiplier les maux de la concentration des pouvoirs ? Starmer n'est certes pas un Premier ministre très brillant, mais il n'y pas de meilleure option à l'heure actuelle.»
Deux poids deux mesures
Les Etats-Unis et l'Europe gèrent différemment les dérives de leurs représentants, constate Večernji list :
«Pourquoi Keir Starmer est-il menacé après la révélation des liens entre son ambassadeur aux Etats-Unis, Peter Mandelson, et Jeffrey Epstein, tandis que Donald Trump reste bien en place, alors que son ministre du Commerce, Howard Lutnick, avait des liens similaires avec Epstein ? … La clé réside dans la gestion de ces 'compromissions' : aux Etats-Unis, on demande 'Qu'as-tu obtenu par là ?' ; en Europe, 'Que faisais-tu là au juste ? … Au final, la politique européenne sanctionne l'erreur de jugement, et pas seulement le faux pas ; l'éthique n'est pas optionnelle, mais fondamentale. Aux Etats-Unis, les erreurs de jugement sont souvent tolérées lorsque l'on reste au pouvoir.»