France : comment réagir face à la mort de Quentin D. ?

A Lyon, l'étudiant identitaire de 23 ans Quentin D., qui se trouvait en marge d'un rassemblement contre la tenue d'une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, est mort de ses blessures samedi, dans des circonstances qui doivent encore être élucidées. Le président Emmanuel Macron a appelé au calme, à la retenue et au respect.

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Les Echos (FR) /

Un tournant à quelques semaines des élections

Cette tragédie va envenimer le climat en France et faire passer certaines questions essentielles au second plan :

«A un mois des élections municipales, cet événement marque quoi qu'il en soit un tournant : l'extrémisme tue en France. La violence, avérée cette fois, du débat public, sa polarisation assumée par les extrêmes, constituent un des marqueurs de ces dernières années. ... Au-delà, comme aux élections locales, la sécurité y occupera une place que l'on devine de plus en plus centrale. C'est certainement légitime s'agissant d'un droit fondamental, mais l'économie n'y trouvera pas son compte. Face aux défis immenses à relever, les projets économiques et budgétaires des futurs candidats mériteraient de ne pas passer au second plan.»

Libération (FR) /

Faire revenir le calme dans le pays

Il faut éviter de jeter de l'huile sur le feu, prévient Libération :

«Ce qui est sûr, c'est que le climat insupportable d'outrance et d'intolérance dans lequel baigne depuis un certain temps la politique française – et malheureusement pas seulement elle – ne peut qu'engendrer ce genre de drame en échauffant des esprits trop simples, de quelque bord qu'ils soient. Mais ceux qui aujourd'hui pointent du doigt tel ou tel fautif, attisant davantage encore les braises de ce chaudron de haines recuites, feraient bien de retrouver leur calme et leur sérieux. ... A un mois des élections municipales et près d'un an de la présidentielle, il faut garder à l'esprit, à chaque seconde, que la violence politique peut conduire à tuer.»

Le Figaro (FR) /

Martyr de la liberté d'expression

Selon Le Figaro, Quentin est la victime d'une idéologie gauchiste tyrannique :

«Le 'totalitarisme antifasciste' prophétisé par Finkielkraut était là à Lyon jeudi soir dans sa forme la plus sauvage mais il plane dans l'atmosphère depuis trop longtemps comme un conformisme vénéneux. Une génération entière formée à déshumaniser tout ce qui s'approcherait de près ou de loin de 'l'extrême droite', un personnel politique qui par couardise donne le change, un clergé médiatique qui forge les anathèmes et à la fin un gamin venu paisiblement protéger une banderole contre 'l'islamo gauchisme dans nos facs' qui meurt sous un déchaînement de coups. ... Quentin dans cette histoire n'est pas 'un militant' pris dans une 'rixe' mais un martyr de la liberté d'expression.»