Quatre ans de guerre en Ukraine : une horreur sans fin ?

Il y a quatre ans, le 24 janvier 2022, l'armée russe amorçait l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. Ce conflit, le plus violent depuis la Seconde Guerre mondiale en Europe, fait toujours rage, et la paix n'est toujours pas en vue, en dépit de négociations. Les médias se demandent ce qui a changé depuis, et quelle pourrait être la suite des évènements.

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La Vanguardia (ES) /

L'Europe s'élève contre Poutine

Il faut vivre avec la menace russe, constate La Vanguardia :

«A la mi-2026, le conflit aura duré déjà plus longtemps que la Première Guerre mondiale, et les positions restent inconciliables. … Au printemps, le nombre de pertes militaires (soldats tués, blessés ou disparus) de part et d'autre atteindra les deux millions. … C'est à l'aune de ce bilan qu'il faut comprendre l'argument des Européens : Poutine ne doit pas gagner, car cela ouvrirait la porte à d'autres agressions. Les Vingt-Sept craignent que la pression exercée sur Zelensky mette un terme trompeur à la guerre, qui permettra à Poutine de se réarmer et de réattaquer ensuite. Ce conflit a transformé l'Europe, qui est contrainte de s'adapter à un nouveau scénario et de composer avec la menace russe.»

Expresso (PT) /

La paix sera également difficile

L'Europe doit se préparer au jour d'après, écrit Expresso :

«En 2022, personne ne pensait qu'une guerre de conquête territoriale était concevable sur le continent européen. Et personne n'imaginait qu'une guerre puisse durer quatre ans, au prix d'un processus considérable d'attrition, de dévastation et de mort. … La paix – injuste, imparfaite et fragile – pourrait advenir cette année. Paradoxalement, ce moment sera plus difficile encore pour l'UE que la guerre. Car si une guerre est presque toujours transitoire, on attend de la paix qu'elle soit durable et éternelle. Les décisions, les actions et les contributions deviennent alors permanentes.»

Nikolaï Mitrochine (RU) /

Bientôt une guerre des droïdes ?

Sur Facebook, le politologue Nikolaï Mitrochine évoque le présent et l'avenir du conflit :

«L'Ukraine reste solide sur le front, mais la viabilité de son système énergétique ne tient plus qu'à un fil, ce qui pourrait avoir des répercussions considérables. La Russie, de son côté, ne dispose ni de troupes suffisantes, ni de technologies nouvelles pour mener des offensives déterminantes et couronnées de succès ; mais au prix de dizaines de milliers de vies humaines, elle peut percer les défenses ukrainiennes sur d'infimes tronçons du front, à un rythme d'environ trois kilomètres par mois. On ignore ce qu'il se passera lorsque la Chine sera en mesure de livrer des compagnies d'androïdes de combat, mais on ferait mieux de s'y préparer, car cela pourrait se produire plus vite qu'on ne le croit.»

Salzburger Nachrichten (AT) /

Des héros – et des héroïnes

Le journal Salzburger Nachrichten évoque l'action des Ukrainiennes :

«Cela fait longtemps que l'image de la guerre n'est plus masculine. Les femmes sont représentées dans tous les domaines militaires. Elles combattent dans les tranchées près de la ligne de front, pilotent des drones, soignent les blessés graves. … Comme leurs camarades masculins, elles risquent leur vie pour le pays, jour après jour. Mais il y a aussi un front invisible. Au-delà des combats, les Ukrainiennes permettent que la vie et le quotidien continuent. … En plus de leur activité professionnelle, nombreuses sont celles qui élèvent seules leurs enfants. … Lorsque la guerre sera terminée, des histoires héroïques seront racontées. On ne peut qu'espérer une chose : qu'elles n'oublieront pas les héroïnes.»