Etats-Unis/Iran : les pourparlers de la dernière chance ?

Alors que la présence militaire américaine s'accroît dans la région du Golfe persique, les négociations indirectes entre Etats-Unis et Iran reprennent ce jeudi à Genève, avec une médiation d'Oman. Téhéran n'entend discuter que de son programme nucléaire et de la levée des sanctions, tandis que Washington table sur un accord qui inclue également le programme balistique iranien. Les médias s'interrogent sur l'action de Donald Trump.

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Salzburger Nachrichten (AT) /

L'option diplomatique enterrée

Salzburger Nachrichten n'est pas convaincu que la menace américaine fera céder Téhéran :

«Il s'agit clairement d'un calcul politique : contraindre l'Iran à renoncer à son programme nucléaire, mais aussi à son programme balistique. Se priver de ces deux programmes pourrait s'avérer plus dangereux encore pour les mollahs que les menaces actuelles de frappes. … Le régime iranien ne veut céder sur aucun point : ni sur ses missiles, ni sur son programme nucléaire, ni sur son pouvoir. Une 'résolution diplomatique du problème', comme affirme la privilégier Trump, existait déjà au niveau international, sous la forme de l'accord sur le nucléaire que le président américain avait résilié lors de son premier mandat. … Difficile de songer à un meilleur résultat, avec ou sans frappe militaire.»

Delfi (LT) /

L'imprévisibilité présentée comme une force

Le temps presse pour le président américain, juge le le politologue Linas Kojala, dans Delfi :

«Trump privilégie généralement des frappes militaires brèves et ciblées, qui ne comportent pas de risque majeur pour les forces américaines et réduisent le risque d'une guerre au long cours. N'oublions pas qu'il a été élu sur la promesse d'être un président qui met fin aux guerres, et non qui les débute. … Le président américain pourra, bien entendu, faire passer n'importe quel résultat obtenu pour un succès. Il s'évertue à présenter l'imprévisibilité de son action comme une force. Dès lors, il pourrait justifier aussi bien des mesures militaires qu'un retrait. … Mais le temps presse : les forces armées qui s'agrègent massivement autour de l'Iran ne pourront y être stationnées indéfiniment.»

Liberal (GR) /

Une escalade majeure est possible

La situation peut dégénérer, prévient le portail Libéral :

«La concentration sans précédent de forces armées dans la région place Washington et le président Trump dans une impasse, car ils devront soit obtenir et imposer un accord satisfaisant, soit se retirer en se contentant d'une frappe limitée et symbolique, soit s'engager dans un conflit dont personne ne peut prédire l'issue. Bien sûr, il faut tenir compte d'un risque : que l'Iran, acculé, considère la moindre attaque, fut-elle minime, comme le signe avant-coureur d'une escalade générale ; et que le régime des mollahs riposte par une guerre totale, prenant pour cibles la présence américaine dans la région, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, ainsi que les installations pétrolières des Etats du Golfe.»

Le Soir (BE) /

Trump n'a que faire des êtres humains

Washington cherche désormais davantage à avancer ses pions qu'à libérer les Iraniens, déplore Le Soir :

«Le président américain a aujourd'hui perdu la possible légitimité qu'il aurait pu tirer de frappes opérées pour sauver les Iraniens de la mort. Il ne mentionne même plus la protection de la population, disparue de son agenda pour autant qu'elle y ait vraiment sincèrement figuré. Le cynisme, le mensonge, les intérêts bien compris et les rodomontades ont repris sans surprise le dessus à la Maison-Blanche, mais que vont-ils causer cette fois ? Quel sera leur exutoire ? Revoilà le monde otage impuissant de la dangereuse et totale imprévisibilité de Donald Trump.»