Irlande : mobilisation contre les prix des carburants

Des manifestations ont lieu depuis plusieurs jours en Irlande contre les prix élevés de l'essence et du diesel ; elles sont notamment le fait des conducteurs de poids lourds, des agriculteurs, des conducteurs de bus et de taxis. Dimanche, les contestataires ont bloqué les routes de Dublin et de sa périphérie. Des affrontements ont eu lieu par endroits avec la police. La presse du pays porte un regard critique sur la mobilisation.

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The Irish Times (IE) /

Un mode d'action inacceptable

C'est une bonne chose que les blocages routiers aient été levés, estime The Irish Times :

«Il était grand temps que les autorités reprennent le contrôle. Ces actions avaient depuis longtemps dépassé le cadre d'un simple mouvement de protestation et elles entravaient le bon fonctionnement de la société et de l'économie. Si on les avait laissées se poursuivre cette semaine, la population aurait non seulement continué à subir des restrictions de circulation totalement injustifiées, mais les services ambulanciers auraient aussi été particulièrement entravés, et plusieurs entreprises auraient commencé à licencier. On ne peut tolérer ni les blocages qui empêchent la fourniture de biens vitaux, ni l'existence de groupes qui décident qui peut emprunter ou non telle ou telle route.»

Irish Examiner (IE) /

Les manifestants touchent un point sensible

Si le quotidien Irish Examiner comprend les mobiles des protestataires, il trace néanmoins une ligne rouge :

«Ceux qui descendent dans les rues, bloquent des routes et entravent des infrastructures critiques le font pour de bonnes raisons. Leurs doléances, quelle que soit la forme qu'elles prennent, trouvent un écho auprès d'une opinion qui en a assez des hausses de prix, de l'inégalité des chances, et qui juge que les décideurs sont trop souvent déconnectés des réalités du quotidien. … De ce point de vue, les manifestants jouissent d'un fort degré de sympathie. Mais la sympathie n'est pas inconditionnelle. Le droit de manifester est fondamental dans une société démocratique, mais il n'est ni absolu, ni sans conséquences. Lorsque des actions dépassent certaines limites, elles courent le risque de saper le soutien même qui les sous-tend.»