Percée de la droite aux législatives en Chypre

Suite au scrutin sur le renouvellement des membres de la Chambre des représentants du 24 mai, le parti conservateur DISY (27 pour cent) et le parti de gauche AKEL (24 pour cent) demeurent les premières forces politiques. L'extrême droite, ainsi que deux mouvements politiques entrant pour la première fois au Parlement, ont néanmoins largement progressé. Selon la presse locale, le président conservateur directement élu Níkos Christodoulídis aura du mal à constituer une majorité.

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Politis (CY) /

Les compromis seront à l'agenda

Dionisis Dionisiou, rédacteur en chef de Politis, analyse la nouvelle donne :

«Pour le gouvernement, le résultat peut être interprété de deux manières. D'une part, il n'y a pas eu de vague antigouvernementale suffisamment puissante pour déstabiliser entièrement le système politique. D'autre part, avec ce nouveau Parlement, il sera bien plus complexe de gouverner en raison de la présence d'une multitude d'acteurs politiques, de la pression qu'exercera cette poussée de la droite, de l'arrivée de nouvelles formations au Parlement, ainsi que du climat social actuel de défiance. Ainsi, le gouvernement devra faire preuve de davantage de force de persuasion, de sens du compromis et de flexibilité politique. Il ne sera plus possible de disposer de majorités simples.»

Cyprus Mail (CY) /

Une preuve que la démocratie fonctionne

Cyprus Mail fait l'éloge de l'engagement politique de la société chypriote pour ces élections :

«Seuls 7,5 pour cent des 753 personnes candidates pourront siéger au Parlement, mais le simple fait qu'elles soient entrées dans la course, sachant, pour une majorité d'entre elles, qu'elles n'auraient quasi aucune chance d'être élues, représente un gain considérable pour la politique chypriote. ... La population veut s'engager politiquement, ce que montre le nombre record de partis et de candidatures en lice, et c'est ce dont il faut se réjouir au lieu de brandir la menace d'une 'déstabilisation' politique provoquée par l'élection des populistes (comme s'ils n'avaient jamais obtenu de mandat parlementaire par le passé) et de répandre des inepties alarmistes à tout-va.»