Tchéquie : la justice donne raison au président
Les tensions s'exacerbent entre le gouvernement d'extrême droite, dirigé par Andrej Babiš, et le président tchèque, Petr Pavel, issu du camp d'opposition proeuropéen. Le gouvernement voulait interdire au chef de l'Etat et commandant en chef des armées de se rendre au sommet de l'OTAN, à Ankara. En réponse, Pavel a saisi la Cour constitutionnelle, qui lui a donné raison. Une occasion pour les journalistes de s'interroger sur la séparation des pouvoirs.
Quand les fondements de l'Etat sont remis en question
Forum24 décrit la situation sans fard :
«L'enjeu n'est pas cette dispute autour d'une unique participation au sommet de l'OTAN, mais plutôt le rapport entre les élus politiques et les institutions d'un Etat démocratique. La Cour constitutionnelle n'est pas l'adversaire politique du gouvernement ou de l'opposition. Il ne s'agit pas d'un rival auquel on peut reprocher de 'déclarer une guerre' parce qu'il prend une décision qui nous déplaît. Il s'agit de l'une des institutions garantes de l'ordre constitutionnel de la République tchèque. Quiconque l'attaque en usant d'une rhétorique issue de campagnes politiques et autoritaires sape la confiance des citoyens dans les fondements mêmes de l'Etat de droit.»
Un camouflet pour le camp gouvernemental
Info.cz se réjouit de voir le Premier ministre, Andrej Babiš, et le ministre des Affaires étrangères, Petr Macinka, pris à leur propre piège :
«Parce que vous vous en êtes pris au président avec une agressivité totalement stérile, vous voilà face au revers le plus cinglant de votre carrière politique. Pire qu'une élection perdue, pire qu'une procédure pénale, pire qu'un conflit d'intérêts. Car en réalité, votre toute-puissance a été réduite en miette. Le président, que vous et vos acolytes entendiez humilier, anéantir par vos cris et traîner dans la boue, triomphe de vous. Peut-être que cette situation va faire sortir encore davantage de ses gonds votre coalition, mais cela ne serait pas souhaitable.»