Question chypriote : une nouvelle approche ?

Alors que les pourparlers étaient au point mort depuis 2017, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, veulent relancer les discussions sur la réunification de Chypre, qui reste divisée entre la partie Sud chypriote-grecque (République de Chypre), et la république autoproclamée de Chypre-Nord, qui n'est reconnue que par la Turquie. La résolution du conflit est prioritaire pour l'UE, a affirmé von der Leyen. De jure, toute l'île est membre de l'UE. La perspective est-elle réaliste ?

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Milliyet (TR) /

Bruxelles favorise une solution

Milliyet entrevoit des signaux positifs pour la partie chypriote-turque :

«Trois mesures importantes alimentent un optimisme prudent. … Von der Leyen a souligné que la solution potentielle devra être compatible avec l'acquis communautaire. De prime abord, cette affirmation peut paraître restrictive pour les Chypriote turcs. Mais une solution compatible avec l'acquis de l'UE prive la partie grecque de son argument habituel pour rejeter les accords, à savoir que ceux-ci seraient contraires au droit européen. Von der Leyen a décidé de remplacer [Johannes] Hahn, connu ces dix dernières années pour son inimitié vis-à-vis de la Turquie, par le commissaire italien Raffaele Fitto au poste d'envoyé spécial de l'UE – un interlocuteur qu'Ankara ne peut rejeter d'emblée.»

Cyprus Mail (CY) /

Plus illusoire que jamais

Cyprus Mail se dit peu optimiste :

«Depuis plus de 50 ans, les deux parties sont incapables de s'accorder sur un accord en phase avec les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Comme cet accord devra désormais aussi être en phase avec les principes et la législation de l'UE, il pourrait s'avérer plus improbable encore.»

Phileleftheros (CY) /

Soyons réalistes

Pour Phileleftheros, ce schéma de résolution élude à nouveau les questions difficiles :

«On parle désormais de 'solution flexible' pour la question chypriote. … Même si l'on parvenait à mettre sur pied une fédération non contraignante ou une confédération, la 'participation effective', c'est-à-dire le droit de veto, devra être évidente dans toutes les décisions. … Ces balivernes ne déboucheront sur rien. Car en dépit de ces fantasmes de 'modèle flexible', les questions sérieuses devront aussi êtres abordées à un moment donné. Se dotera-t-on, par exemple, d'un espace économique commun, d'une banque centrale unique ? … Quid de la restitution des territoires ? Quand l'armée d'occupation s'en ira-t-elle enfin, et avec elle, ses garanties ?»