Comment lutter contre le recul démocratique du Nicaragua ?
Au Nicaragua, le président Ortega a annoncé dimanche qu'il n'y aura pas de nouvelles élections pour l'instant. Il considère que l'opposition sert les intérêts de Etats-Unis ainsi que ceux de l'ancienne dictature renversée en 1979. L'inquiétude est grande dans les médias.
Un dangereux précédent dans une région vulnérable
El País appelle à une mobilisation internationale :
«La réponse de la communauté internationale ne doit pas se limiter à l'habituelle rhétorique de condamnation. Poursuivre sur cette voie sans broncher reviendrait à se rendre complice de la répression exercée sur l'ensemble de la population. … Laisser un régime totalitaire s'installer sans réagir impliquerait de condamner des millions de Nicaraguayens à l'exil, à la prison ou au silence, mais risquerait aussi de créer un précédent lourd de conséquences dans une région en proie à des dérives illibérales. … Les démocraties ont le devoir de montrer à Ortega que la tyrannie a un prix.»
Pas intéressant pour Trump
Ortega pourrait-il connaître le même sort que le président du Venezuela, Nicolás Maduro, aux mains de Trump ? C'est la question que se pose Večernji list :
«C'est une nouvelle phase de son règne autoritaire éternel au cours de laquelle cet ancien guérillero octogénaire ne s'efforce plus de présenter son régime comme démocratique, contrairement à ce qu'il a fait jusqu'à présent. … Politico déduit que Trump n'a jamais menacé le Nicaragua d'un coup militaire, le pays essayant de juguler le trafic de drogue, ne possédant pas de ressources susceptibles d'intéresser Trump et peu de migrants nicaraguayens se rendant aux États-Unis. Pour ces trois motifs, le Nicaragua n'a jamais embarrassé Trump, et c'est également la raison pour laquelle ce dernier n'a jamais menacé Ortega de lui faire subir le même sort que celui infligé au président vénézuélien destitué et enlevé, Nicolás Maduro.»