Gaza : Nétanyahou rejette le plan de paix de Trump
Benyamin Nétanyahou s'oppose à un retrait de l'armée israélienne de la Bande de Gaza. Il a rejeté le plan en 15 points proposé par les Etats-Unis, qui prévoit dans le même temps un départ de Tsahal et le désarmement du Hamas. La presse européenne envisage différents scénarios pour la suite.
La solution à deux Etats est illusoire
Kronen Zeitung est pessimiste quant à une réconciliation entre Israéliens et Palestiniens :
«En Occident, et notamment dans l'UE, nombreux sont ceux néanmoins à continuer de rêver d'une solution à deux Etats. Mais celle-ci est bel et bien révolue. Car dans la région elle-même, personne n'y croit plus. Au plus tard depuis l'attentat terroriste perpétré par le Hamas en octobre 2023, qui a tué plus de 1 200 juifs, seule une infime minorité d'Israéliens continue de s'imaginer vivre à côté d'un Etat palestinien. La grande majorité des Palestiniens s'oppose elle aussi à cette solution, car ils rejettent le droit d'Israël à exister. Il était une fois un rêve.»
Des élections pour changer la donne ?
La Vanguardia espère la victoire de Gadi Eisenkot, le rival de Nétanyahou aux prochaines législatives israéliennes :
«Si Eisenkot l'emportait, le plan en 15 points pourrait être mis en œuvre. Car Israël suspendrait fort probablement les actions militaires, en vertu de la trêve conclue en octobre dernier, et les technocrates palestiniens chargés de vérifier le désarmement du Hamas pourraient faire leur travail. Le Conseil de la paix, l'instance internationale supervisant la transition, aurait des arguments de poids pour un retrait israélien dès que le Hamas aura été désarmé. Le peuple israélien se rendra aux urnes le 27 octobre. Il est en son pouvoir de faire en sorte que Nétanyahou ne soit plus un obstacle à la paix.»
Trump doit faire davantage pression
The Guardian espère une réponse ferme de Washington :
«Les Palestiniens, désespérés, ne peuvent qu'espérer que la frustration croissante de la Maison-Blanche quant aux guerres sans fin de Nétanyahou généreront un tournant. … Si Trump se résolvait à changer son fusil d'épaule, il aurait le pouvoir d'isoler le Premier ministre israélien, de l'empêcher de continuer à jouer la montre et à louvoyer, et d'imposer un changement de cap. Les efforts du 'Board of Peace', hier, en vue de rassurer le gouvernement israélien sur le processus de vérification du désarmement du Hamas, montrent néanmoins que nous en sommes encore loin.»
Washington semble désemparée
Plus personne ne croit aux plans de paix de Trump, fulmine Avvenire :
«Les Etats-Unis semblent être devenus impuissants, prisonniers du dédale qu'est devenu le Proche-Orient : ils ne savent pas comment sortir de la guerre absurde qu'ils ont déclenchée contre l'Iran, coincés qu'ils sont entre la rigidité des négociateurs iraniens et leur propre échéancier électoral ; ils n'arrivent pas à contenir la violence de l'extrême droite israélienne, qui se trouve elle aussi en pleine campagne électorale ; par ailleurs, les relations avec les alliés régionaux, notamment les monarchies arabes du Golfe, s'avèrent de plus en plus difficiles.»
Israël s'isole de plus en plus
L'action d'Israël met le pays un peu plus sur la touche, estime Politiken :
«Par son recours excessif à la force dans la bande de Gaza et le reste du Proche-Orient depuis deux ans et demi, l'Etat hébreu s'est infligé des dommages considérables – à lui-même ainsi qu'à son image internationale déjà écornée. Même aux Etats-Unis, nombreux sont ceux à en avoir assez. Récemment, près de la moitié des députés démocrates à la Chambre des représentants ont voté pour suspendre tout soutien américain à Israël ; et même parmi les électeurs républicains, plus de la moitié des moins de 50 ans ont un avis négatif d'Israël. … Si Nétanyahou et ses partenaires extrémistes devaient être réélus, Israël s'isolerait encore plus sur le plan international.»