Serbie : avant les législatives, le président Vučić démissionne

Le président serbe, Aleksandar Vučić, a décidé dimanche de renoncer à ses fonctions, comme il l'avait annoncé au mois de juin. Il sera en lice aux élections législatives anticipées du 25 octobre, comme tête de liste du parti SNS. En cas de victoire électorale, il pourrait continuer de tirer les ficelles à Belgrade, depuis le poste de Premier ministre. Les médias se demandent si ce calcul peut fonctionner.

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Vreme (RS) /

Un politique puissant qui joue les David

Vučić privilégie une stratégie populiste, assure Vreme :

«D'un côté, il peut désormais se présenter en Serbie comme un simple citoyen, qui fait partie du peuple ; un homme modeste et discret, qui conduit une vieille Škoda pour tenter de lisser son image. … Il peut continuer de contrôler l'appareil étatique par le biais des fonctionnaires du parti, en tirant de facto toutes les ficelles, sans assumer officiellement la responsabilité de tous les problèmes qui pourraient survenir dans ce climat social tendu d'ici le 25 octobre. … Au lieu de jouer la carte de l'homme puissant à l'écoute des desiderata des pauvres, il cherche désormais à susciter la compassion, en se présentant tel un David prêt à attaquer seul le Goliath des manifestants, qui voudraient tout détruire.»

Večer (SI) /

Les opposants veulent un changement de régime

Večer met un coup de projecteur sur la liste étudiante, qui sera la principale opposition à Vučić :

«On n'y trouve pas d'étudiants, mais des personnes choisies par les assemblées des facultés – professeurs, médecins, militants, sportifs et artistes. Les étudiants espèrent être les principaux rivaux de Vučić et du SNS. … Dépourvus de programme électoral exhaustif, ils tablent sur un renversement démocratique du régime, remettant les questions idéologiques à l'après-scrutin. Les sondages – pour beaucoup peu fiables – prédisent un résultat serré.»

Ria Nowosti (RU) /

De nombreux Serbes en ont assez de lui

Pour Ria Novosti, il est probable que Vučič connaisse un sort électoral semblable à celui de Viktor Orbàn dans la Hongrie voisine :

«Pour Vučič, le principal écueil ne sera ni un potentiel rival politique de sa carrure, ni le désir d'une partie de la société d'intégrer l'UE – désir qui ne cesse du reste de s'étioler –, mais une forme de lassitude. Les doléances des Serbes à l'endroit du président rappellent les critiques adressées en Hongrie à l'ex-Premier ministre Viktor Orbán. Véritable tribun populaire à l'action politique appréciée, celui-ci avait néanmoins perdu des élections qu'il avait toujours gagnées jusque-là. En Serbie aussi, la balance pourrait pencher de ce côté.»

24tv.ua (UA) /

Vučić, un pro-ukrainien qui ménage Moscou

Le portail 24tv.ua tente d'expliquer les relations complexes entre Belgrade et Kyiv :

«La Serbie soutient l'intégrité territoriale de l'Ukraine, et Kyiv ne reconnaît pas l'indépendance du Kosovo. Lors d'une rencontre avec Volodymyr Zelensky le 8 août à Belgrade, Vučić a confirmé ce postulat et a remercié l'Ukraine pour la réciprocité de sa position. Mais les limites de ce rapprochement sont aussi évidentes, la Serbie évitant d'adopter des mesures que Moscou serait susceptible de considérer comme une provocation ouverte. Lors d'une visite à Kyiv au mois de juillet, Vučić a par exemple promis d'apporter une aide humanitaire, mais il a refusé de soutenir une déclaration commune visant à accroître la pression sur la Russie.»