Tchéquie : Babiš intensifie son combat contre les médias
Plus de vingt rédacteurs en chef ont appelé le chef du gouvernement, Andrej Babiš, ainsi que d'autres responsables politiques, à respecter le journalisme libre, indépendant et critique. Ils réagissaient ainsi à une publication du Premier ministre sur les réseaux sociaux le week-end dernier, dans laquelle celui-ci fustigeait les sites d'information Seznam Zprávy et Novinky.cz, ainsi que le quotidien Právo.
Tenir tête par le courage et les faits
Robert Čásenský, rédacteur en chef de Seznam Zprávy, n'entend pas se laisser impressionner :
«Nous décrivons les faits et évènements tels qu'ils sont, et non pour plaire à tel ou tel camp politique. … .. Nous surveillons ceux qui sont au pouvoir. Nous avons à cœur d'informer l'opinion publique sur ce qui se joue dans l'entourage des décideurs. … Les faits, le courage, le professionnalisme et l'ouverture d'esprit occupent une place centrale pour la rédaction de Seznam Zpráv. Nous resterons axés sur cette position, d'où que viennent les attaques que nous recevons. Nous ne nous laisserons pas intimidés ni réduits au rôle d'opposants politiques.»
Sur le modèle slovaque
Reflex établit un parallèle avec l'attitude de Robert Fico envers les médias :
«Le gouvernement slovaque a cette funeste réputation de livrer bataille aux journaux indépendants. Le cabinet de Babiš s'en inspire très manifestement. Fico mène des offensives contre les médias qu'il considère avoir un parti pris politique dans le but de les délégitimer. Le modèle de Fico consiste également à sélectionner les journalistes qui ont le droit d'interroger le gouvernement, afin de pouvoir esquiver les questions embarrassantes. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles Reporters sans frontières a fait chuter la Slovaquie dans le classement mondial de la liberté de la presse, la plaçant au 38e rang sur 180 pays. La Hongrie de Viktor Orbán, un autre allié de Babiš, occupe la 68e place, tandis que l'année dernière, la République tchèque figurait en 10e position. Mais cela pourrait vite changer.»