Comment prévenir les canicules ?

Une grande partie de l'Europe est frappée par une nouvelle vague de chaleur. En France, la journée de mardi a probablement été la plus chaude depuis le début des relevés météo, la nuit précédente la plus chaude depuis des décennies. En Espagne, le mercure a dépassé les 40 degrés. La nuit n'apporte pas de répit. L'Allemagne et la Suisse souffrent elles aussi de la chaleur. Les commentateurs évoquent les pistes pour répondre à cette nouvelle normalité climatique.

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Ta Nea (GR) /

Ne pas oublier la prévention

Si la Grèce reste pour l'heure épargnée par la canicule, Ta Nea anticipe :

«Qui se rappelle encore les 2 800 personnes décédées en 2022 (selon les estimations) des suites de la canicule, plaçant notre pays au deuxième rang en Europe, derrière l'Italie, en matière de taux de mortalité par habitant ? Les météorologues nous préviendront bien entendu en temps voulu. Le gouvernement préconisera une restriction de la mobilité, les municipalités ouvriront leurs espaces climatisés aux personnes vulnérables, différentes manifestations culturelles seront annulées. Nous sommes indéniablement mieux préparés qu'auparavant pour gérer de telles situations extrêmes. Mais se focaliser sur la gestion de crise ne détourne-t-il pas l'attention de la nécessité de la prévention ?»

The Daily Telegraph (GB) /

Sortir de l'hystérie

The Daily Telegraph fustige ce qu'il juge être une forme d'alarmisme permanent :

«Il n'est pas sain du tout de céder systématiquement à l'hystérie lorsque le mercure dépasse les 30 degrés. Les recommandations vont de l'infantilisation – les annonces dans le métro implorant les passagers de se munir d'une bouteille d'eau – à l'absurde, comme si un adulte en bonne santé pouvait tomber raide mort au simple contact du soleil. En cas de canicule, il paraît peu viable de fermer les écoles et de stopper le trafic ferroviaire – on ne peut se permettre de réitérer la quarantaine du coronavirus. … Faisons plutôt preuve d'un peu de bon sens, et apprécions ce bref été britannique pour ce qu'il est : un plaisir rare.»

L'Opinion (FR) /

S'adapter plutôt que se mettre en veille

La gestion de la canicule en France n'est pas viable à long terme, prévient L'Opinion :

«La France se confine volontairement : écoles fermées, oraux du bac décalés, festivités annulées. Bref, le pays active le frein d'urgence. … En réalité, deux attitudes s'offrent à nous. La première consiste à déplorer, reporter et mettre le pays en veille dès que le thermomètre dépasse 35 degrés. La seconde exige d'admettre que ces vagues de chaleur reviendront, plus fréquentes, plus intenses, et qu'un pays moderne ne peut pas s'arrêter plusieurs semaines par an. L'adaptation n'est pas un renoncement au combat climatique. Elle est son corollaire rationnel.»

Népszava (HU) /

Nous devons aider nos lacs

L'asséchement des lacs hongrois est un signal d'alarme, alerte Népszava :

«Dans la crise climatique, le niveau d'eau de nos lacs est le maillon faible. … Il témoigne des problèmes de l'écosystème dans son ensemble. L'asséchement de ces plans d'eau est un appel de détresse de la nature, même si nous ne le remarquons souvent qu'en cas de fermeture de plages. … Il faudrait un concept de sauvetage, et pas que pour les lacs : des écosystèmes entiers attendent de l'aide. Renouveler les niveaux d'eau est une bonne idée, mais ce n'est pas suffisant : nous avons besoin de stocker l'eau, de réhabiliter les réseaux de drainage et de les relier entre eux, mais aussi de nous rendre compte que nos lacs ne sont pas les seuls en difficulté.»

Helsingin Sanomat (FI) /

La Finlande devient paradisiaque

Le changement climatique rend la vie au Nord plus attractive, juge Helsingin Sanomat :

«Dans plusieurs régions d'Europe, l'eau vient à manquer. La sécheresse et la canicule détruisent les récoltes. La chaleur tue des êtres humains. … Dans un tel monde, la Finlande devient un paradis. Si l'on a déjà parlé de la croissance du tourisme des destinations froides, ce phénomène pourrait également se faire ressentir pour le choix des résidences permanentes. Pendant les vacances, il est possible de se réfugier près de l'eau pour se protéger de la canicule, mais lorsqu'on travaille, on doit pouvoir rester dehors et dormir normalement. Même si le long hiver sans lumière au Nord demande de la résilience, il pourrait bientôt s'avérer tout à fait bénin comparé à une canicule impitoyable de plusieurs mois.»