Baka élu président en Hongrie : quelles implications ?
Grâce à la majorité des deux tiers détenue par le parti Tisza, le Parlement hongrois a élu mardi András Baka président du pays. Le Fidesz de l'ex-Premier ministre Viktor Orbán, désormais dans l'opposition, qualifie cette élection d'illégitime, son prédécesseur Tamás Sulyok ayant été destitué suite à une révision constitutionnelle. La presse évoque l'avènement d'un nouveau système constitutionnel.
La séparation des pouvoirs prend forme
Péter Magyar se distingue de son prédécesseur par la manière dont il a géré la situation, analyse hvg :
«Magyar aurait pu saisir l'occasion de satisfaire les intérêts hégémoniques de son parti et les besoins de ses électeurs fidèles. Sur ce point, l'instinct politique du nouveau chef de gouvernement diverge cependant de celui d'Orbán : il ne cherche pas à prouver, à tout moment, que personne ne peut imposer des limites à sa volonté. Au contraire, il veut tendre la main à ses détracteurs et donner vie à sa promesse de rétablir la séparation des pouvoirs.»
Une solution transitoire hautement symbolique
La Hongrie assiste à un changement d'époque, et ce aussi bien sur les plans politique que constitutionnel, observe le portail 444.hu :
«En tant que président, Tamás Sulyok a toujours agi dans les intérêts du pouvoir d'Orbán ; il n'a donc pas été surprenant que dans la nuit de sa victoire, Péter Magyar a appelé Sulyok à démissionner. Sa destitution est devenue le symbole du démantèlement du système Orbán. … Le mandat de Baka – une nouveauté inédite – durera jusqu'à l'adoption de la nouvelle Constitution, tout en étant limité à cinq ans. Baka sera probablement le dernier président élu par le Parlement. La nouvelle Constitution, dont l'entrée en vigueur est prévue dans deux ans, prévoira vraisemblablement une élection présidentielle au suffrage direct.»
Revenir au cœur de l’Europe
Avec Baka à la tête de l'Etat, la Hongrie pourrait clore le chapitre de l'illibéralisme pratiqué pendant 16 ans par les gouvernements Orbán, se réjouit Der Standard :
«Magyar tire Baka, 75 ans, de son exil intérieur et soumet sa candidature au Parlement, ce mardi, en vue de le nommer à la tête de l'Etat et de permettre au pays de revenir à une démocratie loin de l'illibéralisme d'Orbán. Baka, qui avait été la victime notable d'une révision constitutionnelle très problématique, doit devenir le garant d'une politique qui ramène la Hongrie au cœur de l'Europe, après les errements de la dernière décennie et demie. La tâche qui attend Magyar est considérable. Pour arriver à l'accomplir, chaque soutien sera précieux.»