Législatives lettones : nette victoire pour le dirigeant sortant

Aux législatives en Lettonie, le parti Liste unie du Premier ministre sortant Andris Kulbergs a remporté une nette victoire. Il a recueilli 35 pour cent des voix, multipliant ainsi son score par trois, et décroché 41 des 100 sièges à la Saeima, le Parlement. Le parti proeuropéen de centre-droit devra juste trouver un partenaire de coalition. Le parti Pouvoir souverain, jugé prorusse, a obtenu 15 sièges (12 pour cent).

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Ekho (RU) /

Le sans-faute d'un nouveau venu

Dans un post Telegram relayé par Ekho, le politologue Alexeï Makarkine analyse le bon résultat du parti de Kulbergs :

«35,2 pour cent des voix, un record dans l'histoire lettone contemporaine. … En mai dernier, après la chute du gouvernement, accusé de ne pas protéger le pays des dronesqui violaient son territoire, Kulbergs avait pris les rênes du nouveau cabinet, alors qu'il n'avait jamais été ministre auparavant – il est issu du monde économique et n'a été élu en député pour la première fois qu'en 2022. Ces derniers mois, le Premier ministre n'a pas commis d'erreur ; lui et son parti ont pris confiance, se présentant comme une alternative au parti Nouvelle Unité [qui était jusque-là la première force du pays].»

Satori (LV) /

Un problème pour l'éducation et l'environnement ?

Sur Satori, le philosophe et essayiste Artis Svece s'inquiète de la politique de Kulbergs, qu'il juge trop néolibérale :

«Il se présente comme un chef d'entreprise désireux d'obtenir des résultats clairs, d'agir plutôt que de dialoguer, d'imposer la logique économique et de démanteler la bureaucratie, le gaspillage et l'inertie. … De tels dirigeants-entrepreneurs sont une menace pour l'éducation, la culture, la protection de l'environnement, le service public et tous les domaines qui ne peuvent justifier un 'bénéfice immédiat' dans la hiérarchie de valeurs sur laquelle repose cette idéologie. … Les secteurs qui ne seront pas perçus comme des pans de l'économie à part entière se retrouveront vraisemblablement en difficulté dans les prochaines années.»

Delfi (EE) /

Les coudées franches

Dans Delfi, l'historien Roberts Rasums explique que le parti du Premier ministre a désormais toute latitude pour gouverner :

«Kulbergs n'a besoin ni des populistes ni des forces prorusses, et peut donc reconduire la coalition gouvernementale sans problème. On peut s'attendre à ce que son alliance mène la danse et s'adjuge tous les ministères clés, comme la défense, les finances et les affaires étrangères. Pour former une coalition, Kulbergs peut se tourner vers n'importe quel parti représenté à la Saeima – à l'exception de Nouvelle Unité –, ce qui signifie qu'aucun parti ne pourra se porter à la tête d'une 'coalition d'opposition'.»